‹ Le luxe des livres (volume 2)Chapitre 3 sur 8 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

sont plus des jongleurs à qui on fait don d'un habit le lendemain d'une fête où ils ont joué un rôle. Le temps est loin où Marot se vantait sur le titre de ses ouvrages de la qualité de valet de chambre du roi. Mime au xvii* siicley Molière était valet de chambre du roi^ Madame de Sabli ayant diminué son train de maison écrivait qu'elle n'avait gardé que son chat^ son chien ei La Fontaine; La Bruyère amusait à table le prince de Conti,

Aujourd'hui, ils sont émancipés^ ne dépendent que du public qui est un protecteur plus généreux^ qui respecte leur dignité et, quand ils ont du talent, les récompense par la richesse du plaisir qu'ils lui donnent. Ils peuvent parvenir à tout^ mime au pouvoir. Il y a vingt journalistes du xix» siècle qui sont devenus ministres. Frédéric Soulii a refusé le Conseil d'Etat ; il y en a qui refusent davantage. La considération dont ils sont investis les a rendus Vobjet de l'envie. Dans la vie privée comme dans le domaine de la politique, il n'y a point de carrière à laquelle il leur soit interdit de prilmdre. Sous le dernier empire, on a vu de simples critiques littéraires entrer au Sénat. Est-ce le cas d'envier à quelques parvenus la satisfaction qui consiste à jouir d'une

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