RUN
d’abord en bois, puis en marbre ou en bois recouvert d'or, et enfin son temple, qui renferme souvent un trésor, composé des objets précieux qui lui sont consacrés. D'ailleurs, ces divinités vivent luxueusement dans l'Olympe ; elles y sont richement vêtues et se plaisent dans de somptueux festins, où l’ambroisie coule à flots.
Quant aux fêtes données en leur honneur, elles sont nombreuses et se font déjà remarquer par leur profusion ; la beauté du climat ajoute encore à leur éclat.
Le luxe public civil devait bientôt naître : les palais des chefs grecs du temps d’'Homère témoignent déjà d’un certain faste ; les Assemblées, les jeux, qui accompagnent alors les grandes circonstances de la vie, resplendissent déjà d’une pompe solennelle.
Les héros de l’Iiade et de l'Odyssée ont aussi leur luxe privé ; ils possèdent des armes, des casques, des boucliers, des sceptres, ornés d’or et d'argent, des vêtements de pourpre et de lin fin richement tissés et brodés.
Leurs femmes se parent de colliers, de bracelets, d’épingles délicatement ouvragées et se parfument avec les essences les plus suaves. Le même goût des parfums se retrouve chez les Troyennes et même chez les Troyens, beaucoup plus voluptueux que les Grecs (1).
(1) Homère, Iliade, Odyssée.
Die
De magnifiques funérailles sont faites aux guerriers : ainsi l’attestent celles de Patrocle.
Les demeures n’ont aucun confortable ; elles sont à peine fermées. Le linge est inconnu; mais les sièges sont recouverts d'étoffes somptueuses ; les lits sont incrustés d'or et d'ivoire. Enfin les festins sont fréquents et plantureux ; on y boit dans des coupes d’or et d'argent ; les chants, les danses, la musique les accompagnent.
Dans ces temps primitifs, la femme exerce sur le luxe une grande influence : elle lui donne le goût et la grâce.
Pendant la période de grandeur de la Grèce, qui commence au VIII siècle, après les temps héroïques, et se prolonge jusqu'à la fin des Guerres Médiques, deux villes, Sparte et Athènes, résument l'histoire du luxe. Elles offrent, du reste, deux types diamétralement opposés.
A Sparte, Lycurgue, restaurant un état ancien, établit un régime exclusif de toute superfluité: il vise à l'égalité la plus complète possible. Chacun n'a de terre que la quantité strictement nécessaire à son existence et à celle de sa compagne ; les repas sont communs et d’une extrême frugalité, les vêtements simples et les mêmes pour tous (1). Les demeures sont des cabanes, pour la construction desquelles on ne doit user que de la hache et de la scie. Filles et garçons reçoivent ensémble une sévère éduca-
(1) PLUTARQUE, Vie de Lycurgue.
var ee
tion. Enfin le commerce, l’industrie et les arts sont méprisés.
Les dieux, seuls, ont leur luxe : il y a quelques temples, notamment celui de Diane.
Cette constitution, terriblement arbitraire, rendit les Spartiates patriotes et soldats, mais le plus souvent cruels et brutaux. Elle fit leur grandeur et leur ruine ; les guerres étrangères, la révolte des Iotes la corrompirent et Sparte mourut d’épuisement, enserrée dans un cadre législatif trop étroit.
Athènes offre, avec elle, un contraste frappant. La constitution de Solon est un adroit mélange d'aristocratie et de démocratie ; ses lois ont pour but d'assurer la liberté. La forme du gouvernement, moins olgarchique, devait permettre à l'initiative individuelle de prendre librement son essor.
C’est surtout après les guerres Médiques que se développe le luxe public religieux. A limitation des Perses, les temples se font alors remarquer par l'architecture, la sculpture, la peinture décorative et la richesse des trésors. On voit s'élever, avec Cimon, les temples de Thésée et de la Victoire; avec Périclès, la Minerve de Phidias, toute d’or et d'ivoire, et le Parthénon, véritable merveille de luxe et d'art à la fois. Athènes est remplie de temples splendides ; les fêtes et les solennités du culte sont à l’unisson, toujours empreintes de grandeur et d’un faste de bon goût.
Les premiers édifices civils datent aussi du temps de Cimon. Ce sont, parmi tant d’autres, le Pœcile