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et le Gymnase. Il prépare dignement le siècle de Périclès. Avec ce dernier, désireux de faire d'Athènes la première cité du monde et d'occuper les bras à tout prix, c'est l'apogée du luxe public. (4) Les Athéniens vivent au milieu d’une foule de statues et de monuments magnifiques, comme les Propylées et l’Odéon, qui accroissent encore chez eux le goût du beau. (2) C’est l'épanouissement des lettres et des arts ; l’art, ici, domine, d’ailleurs, presque toujours le luxe. La peinture décorative s'ajoute à la sculpture. Les fêtes publiques sont nombreuses et brillantes, rehaussées, dans leur éclat, par le beau ciel de la Grèce ; telles étaient les Panathénées, accompagnées de jeux, de courses, de luttes, de danses, de concours de musique et de poésie, de largesses extraordinaires accordées au peuple sous forme de repas, de distributions d'argent et de spectacles gratuits. Un certain goût dans la magnificence s’y fit toujours remarquer, mais parfois, aussi, elles se terminèrent dans la licence et l’orgie.
Le luxe privé progresse aussi. Les demeures, longtemps simples et rustiques, s'embellissent, dans la classe élevée. Puis viennent les riches ameublements, les chars élégants, les opulents costumes, les coûteux festins, les somptueuses parures des femmes.
La corruption devait bientôt s’introduire, avec l'augmentation rapide de la richesse ; c'est l’époque
(1) M. Grore, Hisloire de la Grèce.
(2) PLUTARQUE, Vie de Péricles.
des guerres avec la Perse et de la conquête, par la Grèce, d'une partie de ses trésors. Alcibiade porte le faste et la profusion jusqu'à l'extravagance. L'intempérance, le goût effréné des parfums, se répandent dans les deux sexes et exercent, sur les mœurs, leur action dissolvante.
- Athènes, Corinthe, Argos, deviennent des villes de plaisirs. C'est le règne des courtisanes; certaines, comme Aspasie, Thargélie, Lamia, déploient un luxe royal et contribuent à développer le goût des jouissances fastueuses.
Le luxe grec dégénérait ; il alla croissant jusqu'à Philippe et Alexandre. La discorde et cette vie voluptueuse, de laquelle toute morale semblait bannie, préparèrent les victoires des rois de Macédoine.
Avec Alexandre, le faste monarchique, qui fut, en Grèce, une exception, prend des proportions colossales. Copiant les mœurs orientales, ce prince le pousse jusqu'à l'extravagance et la folie. Ses prodigalités font pressentir celles des empereurs romains; ce ne sont que pompes insensées et fêtes éblouissantes, accompagnées parfois d'orgies effrénées. Ses successeurs vont même jusqu'au grotesque, et le luxe grec prend, avec les Ptolémées, un caractère de plus en plus asiatique. Mais, si, d’une manière générale, il devient, à ce moment, plus matériel, et se corrompt chaque jour davantage ; si l'art est aussi en décadence, ce luxe, toutefois, tombe beaucoup moins dans le monstrueux et le grossier que le luxe romain. Il n’a plus aucune originalité, et, malgré
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tout, le sentiment du beau subsiste, bien que faiblement.
Mais le rôle d'Athènes était fini ; seul, le souvenir de son glorieux passé devait se perpétuer à travers les siècles. Le luxe grec devait encore briller de quelque éclat ; ce fut seulement quand la Grèce devint province romaine, sous le nom d’'Achaïe, en 146 avant J.-C.
Quant au faste funéraire, il fait, en général, preuve d'une modération, qui contraste, d’une manière frappante, avec les excès, dans ce genre de luxe, de presque tous les autres peuples de l'antiquité. Les sarcophages renferment souvent de riches vêtements et bon nombre d'objets précieux. Mais les monuments sont sobres; le goût, la grâce, l'élégance, le sentiment de l’art, s’y retrouvent toujours ; on reconnaît là, une fois de plus, le caractère grec. Pas de dimensions extraordinaires, ni de magnificence démesurée, comme en Orient. La richesse des sépultures varie avec la classe sociale ; mais, dans toutes, les ornements et les décorations symboliques attestent une ferme croyance à la vie future. Les . plus fameuses sont celles du rhéteur Isocrate et de Myrrhine à Athènes.
À Rome, on peut dire que le luxe se lie intimement à l’histoire politique de la grande cité ; il change de caractère, avec chacune de ses phases principales, et, prenant des formes de plus en plus variées, suivant l’état économique et social du pays, finit par acquérir un développement inconnu jusque-là. Le
Romain de l'Empire devait s’adonner au faste, à la jouissance, aux spectacles barbares, avec une ardeur et une brutalité que nul frein ne vint tempérer.
Dans les commencements de Rome, on rencontre seulement le luxe très primitif de peuples mibrigands, mi-pasteurs : il consiste, chez les femmes, en colliers et en bracelets, où, cependant, l'or figure déjà, et, chez les hommes, en armes et en boucliers, assez grossièrement travaillés. Les demeures sont de pauvres huttes ; les vétements sont d’une rare simplicité ; les repas d’une frugalité presque misérable.
Avec la royauté apparaît un certain faste, du moins avec la royauté étrusque ; celle-ci s’entoure, en effet, d’une pompe que les rois sabins connaissaient peu ou point. Les premiers symptômes du luxe romain ont donc une origine étrusque. Ils se rapportent, d’ailleurs, d’abord au pouvoir religieux, et se manifestent alors à l'occasion des funérailles, et en l'honneur des dieux ; les fêtes du culte sont empreintes d’une grande solennité ; les temples sont déjà nombreux et renferment des statues, d’abord en terre cuite, puis en bronze et en or. (1)
Le règne des Tarquins est marqué par un essor considérable du faste public civil. Rome s’embellit et de grandes constructions s'élèvent: le Capitole, le Grand-Cirque, les « cloaca maxima », cette der-
(4) Duruy, Histoire des Romains.