‹ Le Luxe et les Lois SomptuairesChapitre 20 sur 35 · TR · texte numérisé non relu

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social et politique. Malgré les doctrines de simplicité et d’humilité enseignées par l'Eglise catholique, les sépultures chrétiennes des II° et TITI: siècles de J.-C., et celles que renferment les catacombes témoignent d'un certain faste. Les Gaulois, les Huns, les Wisigoths font à leurs chefs d’imposantes funérailles et celles d’Attila sont l'occasion de fantasüques prodigalités et de sanglants sacrifices. Ce fut une des gloires du catholicisme de mettre un terme à ces coutumes atroces.

Les tombeaux des rois Mérovingiens, en général peu luxueux extérieurement, contiennent de véritables trésors. Sous les Carolingiens, une plus large part est faite à la décoration des monuments : celui de Charles le Chauve, dans l’abbaye de Saint-Denis, donne l’idée d’un faste funéraire très développé.

Les funèbres préoccupations de l'An Mil excluent touté espèce dé luxe de ce genre : le marbre et: l'or sont alors réservés aux sépulcres des saints. Mais le XI° et le XIIT° siècles voient apparaître la forme des mausolées et des majestueux cénotaphes. Bien que la royauté soit en train d’écraser la féodalité, les tombeaux des nobles gardent néanmoins, jusqu’au XIVe siècle, leur aspect féodal : leurs armoiries, leurs armures, leurs chasses mêmes y figurent, à côté des symboies religieux. Les obsèques royales vont sans cesse croissant en pompe et en splendeur ; elles sont en rapport avec la puissance de plus en plus grande de la monarchie. On le voit dans les superbes services célébrés à Notre-Dame de Paris, avec le concours d’un immense et brillant cortège,

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qui se rend ensuite à Saint-Denis, où les funérailles ont lieu (1).

Et ce luxe, que nous venons de voir se développer si énergiquement, surtout en France et en Italie, marchait aussi vers le progrès dans les divers autres pays européens, de même qu'il ajoutait encore à son ancienne splendeur en Chine et aux Indes.

En Angleterre, la conquête normande apporte les raffinements du costume, du linge, de la cuisine... De nombreuses cathédrales, et notamment celle de Cantorbérv, s’édifient, et Londres devient une capitale confortable. Henri VIII égale Francois I*, par ses prodigalités et sa dissolution.

En Allemagne, le luxe public et privé se développe surtout avec les Ottons ; comme en France le faste monarchique s’accroit avec la puissance monarchique et les Croisades.

La découverte du Nouveau-Monde fournit à l'Espagne en particulier une immense quantité d’or et d'argent. Aussi Ferdinand et Philippe IT déploientils une grande pompe monarchique ; leurs trésors s’augmentent des dépouilles et des œuvres d’art des vaincus.

Dans ces mêmes pays, le faste funéraire s’accroit aussi. Citons, comme exemples, le célèbre Campo- Santo de Pise, qui date du XIII siècle; les riches tombeaux des hauts citoyens florentins ; les sépuli-

tures des papes Innocent VI, Urbain V, et de Charles V:enfin, au XVI: siècle, celle du pape Jules I.

(1) Chroniques de Saint-Denis.

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