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CHAPITRE III

Du Luxe dans les Temps Modernes

On peut faire commencer le luxe moderne au XVII siècle. Mais, d’une manière générale, les caractères changent : 1] est moins religieux, moins féodal. Il se nivelle, tout en visant davantage au bien-être et à l’utile, et pénètre dans toutes les classes.

C’est l’industrie qui domine l’art.

Henri [IV relève la France. Une ère de prospérité s'ouvre, pour l’agriculture, avec Olivier de Serres et Sully. Malgré la vive opposition de ce dernier, le roi encourage le commerce et le luxe utile. Intelligemment secondé par Barthélémy Laffemas, il donne une énorme extension à l’industrie de la soie, qui devient une des sources de la richesse nationale. Il établit des manufactures de soieries et de glaccs à Melun, de tapisseries aux Gobelins, de toiles fines et de dentelles à Rouen et à Senlis. A Paris, des rues sont élargies, le Pont-Neuf achevé, le Louvre, l'Hôtel-de-Ville agrandis ; des hôpitaux, des églises,

des fontaines s'élèvent ; le Jardin des Plantes est tracé.

En somme, avec lui, le luxe blämable est lexception, et, à part quelques légèretés, son règne est un des plus heureux que la France ait vus.

Les mœurs subissent, avec Louis XIIT, une étonnante transformation. Un nouveau Paris, presque moderne, apparait, avec ses théâtres, son élégante société, ses salons. Marie de Médicis et Richelieu en font une capitale à la mode. Le luxe public est imposant et solide. Rubens, Poussin, Lesueur ornent les édifices et les arts décoratifs pénètrent dans la vie privée ; beaucoup d’opulents hôtels sont embellis par les exquises peintures de ces artistes d’un nobleet gracieux génie, et entourés, à l'exemple des palais italiens, de somptueux jardins, que garnissent de belles statues. Mais, à côté de toute cette magnificence, Paris reste sans propreté, sans hygiène, sans éclairage et sans police.

L'hôtel de Rambouillet pousse parfois l'élégance jusqu'à la subtilité prétentieuse, mais inaugure un luxe de bon goût ; si l'abus des fards, des odeurs et des bijoux persiste, le costume devient à la fois plus sobre et plus gracieux.

Les maisons et leur mobilier unissent l'utile au beau ; les tableaux, livres de prix, glaces, miroirs, riches tapis, sont partout très recherchés. Les chateaux de province suiventle mouvement. L'usage de voitures moins lourdes et mieux suspendues se répand. Enfin, la cour donne aux riches l'exemple,

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