‹ Le Luxe et les Lois SomptuairesChapitre 24 sur 35 · ST OT · texte numérisé non relu

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perruques, les hommes portent les cheveux courts. Le costume est simple, de couleur sombre : il est même question d'en décréter l’uniformité. A l'inverse, les femmes du peuple s'habillent en duchesses et se couvrent de bijoux dans les cérémonies.

Par une étrange contradiction, la Convention, en même temps qu'elle encourage les arts et certains côtés du luxe public, décide, par le funeste décret du 1l''août 1793, la destruction des tombes royales, dans toutes les églises de France. La foule n'attendait qu'un tel signal, pour assouvir sa haine contre la monarchie, et le vandalisme révolutionnaire, après avoir saccagé les sépultures des souverains, à Saint-Denis, s'en prend, à Paris et dans les provinces, avec une frénésie toujours croissante, aux monuments, aux Statues, aux tableaux, à tous les objets d'art et de luxe, à tout ce qui lui rappelle cette royauté qu'il exècre. Dans sa colère sauvage, il n’épargne ni les bibliothèques, ni les collections scientifiques, malgré leur caractère d'utilité publique. S'excitant à mesure qu'il ravage, il détruit pour détruire et l’art lui-même ne trouve pas grâce devant sa fureur impie. Enfin les « bandes noires» complètent cette œuvre, en faisant, aux anciens châteaux et aux grands domaines, une guerre sans merci. Sans doute la petite propriété et la classe rurale v gagnèrent, mais ce fut au détriment des arts et du luxe de l’ancien régime !

Devant tant de désastres, la Convention, effrayée, essaie de revenir en arrière et lance des décrets, le plus souvent avec peu de succès ; les dégradations

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devaient continuer quelque temps encore. Cependant une « commission temporaire des arts », qui compte, dans son sein, des hommes tels que Monge, Corvisart, Vicq d’Azir, réussit à conserver nombre de monuments et de chefs-d'œuvre. Lakanal sauve aussi de la ruine les Académies et le Jardin des Plantes. Malgré leurs louables efforts, les pertes sont restées immenses !

La Révolution cherche à reconstruire, après avoir détruit. S'inspirant d’une idée antique, elle veut réformer le luxe public, le faire servir à l'éducation morale de la masse. Elle fait du Louvre un vaste musée, ouvert à tous, ‘organise des bibliothèques nationales, fonde le Conservatoire de musique et celui des arts et métiers, encourage les savants, les écrivains, les artistes. Mais, poussant trop loin l'intervention de l’autorité, elle centralise tout, met partout son empreinte. Après avoir joui d'une liberté complète, le théâtre, dont elle veut faire une des branches de l’enseignement national, est soumis au régime restrictif et réglementaire.

Les fêtes constituent la partie principale du luxe public révolutionnaire. La Convention s’exagère leur influence : elle les multiplie, elle les rend même obligatoires. C'était une faute : on y trouve partout le convenu, l’officiel, la contrainte. En outre, la plupart du temps, « elles ne respirent que les passions de l'heure présente » (1) et sont loin d'offrir un spec-

(4) BauprizLarr, op. cil., IV, p. 561,

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