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tacle moral. Elles ont aussi leur côté religieux : grossièrement matérialiste, au fond et dans la forme, célébré jusque dans les églises, avec les emblèmes du catholicisme tourné en dérision, le triste culte de la « Raison » est un infructueux essai, tenté par la Commune de Paris. Le même insuccès accueille la Fête de l'Être Suprême, vide et froide, malgré ses pompes ; c’est que les croyances chrétiennes, auxquelles la première fête de la Fédération (1790) avait dù une partie de son éclat, ont disparu et la Révolution a le tort grave de croire que l’on peut créer, de toutes pièces, une religion, sans avoir l'élan et la foi. Dans sa tentative d'éducation du peuple par le luxe public, elle réussit, pour les arts ; elle échoue, pour les fêtes.
Quant au Directoire, il donne une splendeur, souvent imposante, aux fêtes patriotiques, dans lesquelles les attributs mythologiques remplacent les allégories morales de la Révolution.
Le Directoire est une époque de frivolités et de plaisirs éphémères, de bals, de festins, de fêtes sans nombre. Le mobilier, où l'acajou figure souvent, est « d’une coquetterie précieuse et fardée », le costume est païen et très luxueux avec les « Merveilleuses », prétentieux et parfois indécent avec les Muscadins, ridicule avec les Incroyables.
Avec le Consulat, règnent l’ordre et la sécurité ; une activité réglée et féconde en est la conséquence. La richesse et le luxe prennent un nouvel essor. Bonaparte, s’entourant d’une cour brillante, donne aux Tuileries de splendides réceptions, et les salons,
dans la haute société, se modèlent sur l'exemple donné de haut.
Une certaine splendeur est rendue au costume. On voit revenir l'usage de la soie et des étoffes préférées de l’ancienne monarchie ; les consuls portent habit brodé.
La première exposition de l’industrie avait eu lieu en 1798. La seconde est organisée par Chaptal, et, si l'utile y tient une grande place, le beau, le brillant, le luxueux y dominent: on reconnaît bien là le goût et le génie francais.
Enfin le couronnement de l’empereur donne lieu à des fêtes et à des réjouissances qui, par leur magnificence et leur profusion, rappellent les solennités éclatantes de la monarchie.
Pendant toute cette brillante époque, les costumes sont riches, mais sans originalité. D'ailleurs les arts industriels et somptuaires se ressentent tous de la monotonie générale et du joug impérial. Il en est de même de la littérature.
Les uniformes sont magnifiques, les toilettes féminines surchargées de broderies et de dentelles, de bijoux, d’or, et de pierreries. Pour les hommes, l’habit civil est étriqué, et ne comporte que peu d'ornements. Quant au mobilier, il présente, en général, une certaine froideur et une sécheresse qui, toutefois, n’excluent pas la force, la dignité, souvent même la majesté.
Le goût de l'antiquité subsiste toujours, avec les
cheminées « grecques »,les secrétaires « étrusques », les pendules représentant des sujets mythologiques.
La Restauration est un régime de paix, de travail et de prospérité industrielle. Tout y est modéré, le luxe comme le reste, et le bien-être tend, de plus en plus, à se généraliser. Le mobilier et le costume portent l'empreinte ‘des idées et des passions du moment. Les. coiffures bizarres et les modes anglaises sont, alors, très en vogue, dans les deux sexes. En ce qui concerne l’ameublement, les formes restent un peu lourdes. On aime beaucoup les dauphins de cuivre et d’acajou massif.
L'ébénisterie, l’orfèvrerie, la cristallerie, les soieries prennent une extension considérable, car leur clientèle s'augmente notablement, par suite de l'enrichissement de la classe movenne.
De 1830 à 1848, le goût bourgeois et le romantisme agissent, chacun dans un sens différent, sur le luxe; le premier l'emporte pour le vêtement, le second, pour le meuble. Si le costume a, d'une mauière générale, peu d'éclat et de grandeur, il présente, en revanche, de sérieuses qualités de sobriété et de solidité.
Le mobilier obéit davantage à la fantaisie : il
s'inspire d'abord du Moyen-Age. Le romantisme envahit l'architecture.
Un peu plus tard, c’est la Renaissance qui est en faveur. L'aisance générale s’est, d’ailleurs, sans cesse accrue et les progrès de la fabrication ont
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mis à la portée des fortunes modestes une grande quantité d'objets de luxe.
Enfin, pendant la période du Second Empire, on a beaucoup fait, en vue de l’embellissement de la capitale. Cette œuvre a profité à la facilité de la circulation et Paris a gagné en hygiène, comme en magnificence. Nombre d’éditices ont été élevés ou achevés, des promenades publiques ont été créées.
Beaucoup de nos grandes villes ont alors suivi ce mouvement.
En même temps que le luxe public se développait, le luxe privé en recevait le contre-coup et se généralisait de plus en plus. Cette tendance n’a fait que s’accentuer depuis cette époque. Elle a souvent produit de mauvais effets, à côté des bons. Le petit bourgeois, l’ouvrier lui-même, veulent jouir de la vie, de ses plaisirs. Et, pour cela, on les voit parfois faire le moins de dépenses possible, quant au nécessaire, afin d’avoir plus d'argent pour le superflu. Peu leur importe alors le peu de confortable de leur demeure, s'ils ont de beaux habits ; et, s’ils font chez eux pauvre chère, ils se dédommagent au café ou au cabaret, où ils prennent en même temps la funeste habitude du jeu. C’est alors la ruine, et, souvent même, le déshonneur.
Ces mauvais effets du luxe ne sont hélas pas rares à notre époque, et on ne les remarque pas seulement en France, mais partout, dans tous les pays du globe. Passons rapidement en revue les principales nations, et nous y verrons toujours le
vase
mauvais superflu, à côté du luxe utile et bien compris.
De nos jours, en Angleterre, le luxe est assurément, dans son ensemble, plus solide que le nôtre. « Il recherche surtout la durée et les qualités excellentes des choses, dont il jouit encore plus qu'il n’aime à s’en parer » (1).
La grande propriété s’y donne, avec ses parcs immenses et ses grandes chasses, une sorte d’agrément beaucoup plus restreint chez nous. Mais, d’une manière générale, les Anglais ont du luxe pour eux-mêmes, ce qui contribue à lui donner un caractère de réalité et de sérieux, qui se retrouve partout, dans les maisons, dans l’ameublement, dans l’argenterie, dans les vêtements : la frivolité y perd d'autant.
De plus, ce n’est pas seulement chez les riches que l’on rencontre ce confortable élégant, si caractéristique. À la campagne comme à la ville, le plus modeste intérieur, la moindre ferme, le plus humble cottage, se font remarquer par une propreté méticuleuse et par un certain luxe (2). On a la coquetterie d'une demeure bien tenue.
Le gouvernement consacre au développement des arts des sommes considérables et entretient de nombreux musées, dont le plus splendide est le British Musæum. En ce qui concerne les fêtes,
(4) Bauprizz., op. cil., IV, p. 613.
(2) V. Ea Vie de village en Angleterre, par l’auteur de la Vie de Channing. Paris, 1862. — V. aussi Taxe, Noles sur l’Anglet., p. 98.