COPA
toute vraisemblance, dans une poche pleurale enkystée (?). Il n’y a aucune aspiration, ce qui semble devoir faire admettre que l’on ne se trouve pas dans la grande plèvre. La quantité du pus peut être évaluée à 160 cmc. C’est du pus franc, non fétide, avec quelques petits grumeaux et qui n'a pas du tout l’aspect du pus hépatique. Drainage. |
Le malade est resté en chirurgie jusqu’à son décès, survenu le 19 juin 1921. Il a présenté, au niveau de la plaie opératoire, une suppuration abondante et continuelle, et une fièvre persistante. Il a maigri beaucoup et s’est cachectisé progressivement. Mort par cachexie.
Autopsie, le 21 juin. Dès l’ouverture on remarque des adhérences pleurales très serrées à droite sur toute la hauteur, rendant la libération des poumons difficile. La partie inférieure du poumon droit est transformée en masse dure, de laquelle s'échappe, par endroits, un liquide purulent. Un stylet introduit par la plaie opératoire dorsale pénètre dans cette masse. La dissection du trajet opératoire conduit dans de petites cavités situées en plein poumon, avec des diverticules dont l’un se dirige vers le médiastin. Il n'existe aucun foyer sousphrénique. |
Sur la coupe de ce poumon droit, on voit qu'il s’agit d’un volumineux cancer du lobe inférieur. Le tissu très dur, de coloration gris noirâtre, contient des taches blanches multiples et un noyau plus volumineux situé en dedans, près du hile. On y voit aussi des points ramollis contenant une bouillie puriforme. Le cancer est strictement limité au lobe inférieur, et la limite supérieure de la lésion décrit une courbe à convexité supérieure (celle-ci, à la radioscopie, a été prise pour le diaphragme). La bronche inférieure droite a ses parois épaissies, indurées, blanchâtres, infiltrées par le cancer. Tout à côté d’elle se trouve un volumineux ganglion, du volume d’un petit œuf, à coque épaisse et remplie d’une bouillie cancéreuse. Le lobe supérieur droit est complètement indemne. Poids du poumon droit : 1.350 gr. Poumon gauche (750 ET);
CS QU Myers
adhérences taches sur toute la hauteur, mais aucune lésion pulmonaire nette.
Cœur un peu gros (poids : 400 gr.), sans lésions appréciables, sauf quelques petites plaques d’athérome sur la grande valve mitrale et sur toute la hauteur de l’aorte. OEsophage, normal.
Foie (poids : 1.500 gr.) bourré de noyaux cancéreux blancs, durs ou ramollis, les uns centraux, les autres périphériques, saillants à la surface et dont quelques-uns sont ombiliqués. Ils sont plus nombreux au niveau du lobe droit. Vésicule, pas de calculs. Reins, gros, sans lésions. Rate, grosse, molle, diffluente. Capsule surrenale droite, aucune lésion. Capsule surrenale gauche, assez volumineuse et complètement transformée en un noyau néoplasique blanchâtre. Rien au tube digestif.
Examen histologique, pratiqué au laboratoire d'’histologie pathologique de la Faculté. a) Poumon profondément remanié par du tissu fibro-conjonctif assez riche en cellules, étouffant les alvéoles. Dans cette nappe de sclérose se voient de nombreux nodules caséeux entourés de cellules géantes. Mais outre ce processus tuberculeux, on trouve quelques îlots formés de cellules arrondies, assez régulières, peu volumineuses, très colorées, fortement pressées et sans reticulum visible. Ce sont là des formations néoplasiques du type sarcomateux à point de départ ganglionnaire et ayant envahi secondairement le poumon. b) Bronches. Dans la paroi bronchique, on retrouve en plus grande abondance ces îlots cellulaires de type lymphosarcome. c) Foie et surrenales. Mêmes noyaux métastatiques formés de cellules rondes groupées en îlots pleins, de dimensions variables, et sans reticulum visible.
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