‹ Le Lymphosarcome médiastino-pulmonaireChapitre 20 sur 22 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Diagnostic, Pronostic et Traitement

A Ja lecture de nos observations on s’est déjà aperçu que le diagnostic du lymphosarcome médiastino pulmonaire est souvent des plus difficiles. Dans le cas que nous envisageons, les signes médiastinaux sont discrets, peu accusés : c’est la symptomatologie pulmonaire qui domine. Aussi le diagnostic se pose-t-il avec les affections pulmonaires chroniques et surtout avec la tuberculose pulmonaïre. Dans l’obs. TIT seule, on porta, dès l’entrée du malade à l’hôpital, le diagnostic de néoplasme pulmonaire. Dans l’obs. IT, le diagnostic, après être resté longtemps hésitant, fut fait à une période tardive. Dans Vobs. I, le diagnostic ne fut pas fait.

L'observation 1 nous montre que le diagnostic de ces tumeurs est à faire avec la pleurésie ou l’abcès sous-phrénique. Rappelons que l’examen radioscopique avait fait pencher vers cette dernière hypothèse, alors les signes sthétoscopiques étaient ceux d’une pleurésie. La ponction exploratrice, en ramenant du pus, avait contribué à étayer

AE

une opinion fausse et à faire admettre l’existence d’une collection sous ou sus-diaphragmatique. L'intervention chirurgicale elle-même ne devait mener au diagnostic exact, puisque Île chirurgien crut pénétrer dans une poche purulente intra-hépatique, alors qu’il se trouvait dans le poumon cancéreux, comme le démontra à l’autopsie le trajet du drainage.

C'était, en résumé, un cas tout à fait exceptionnel, et M. Roubier, en le présentant, le rapprochait d’une observation analogue de Mile Cottin, MM. Cramer et Saloz. Dans cette observation, après une phase pneumonique aiguë, le néoplasme se traduisit cliniquement et radioscopiquement par des signes de pleurésie interlobaire. Une ponction exploratrice retira du pus ; le malade fut pleurotomisé sans amélioration. On pensa alors à un abcès pulmonaire et on pratiqua plusieurs ponctions successives qui toutes ramenèrent du pus. L’autopsie montra qu'il s'agissait d’un cancer en voie de ramollissement.

En résumé, ces observations nous montrent que le néoplasme pulmonaire ramolli, surtout si la ponction ramène du pus, peut être facilement pris pour un abcès ou une pleurésie et c’est une notion qu'il faut avoir présente à l'esprit. D'une manière générale, on éliminera plus facilement ce diagnostic de pleurésie à une période plus avancée de la maladie ; l'écran montre à cette période une obscurité unilatérale totale et, comme le fait remarquer M. Barjon, un épanchement assez considérable pour éteindre toute clarté jusqu’à l'extrême sommet devrait occasionner une déviation du cœur et du médiastin beaucoup plus importante que celle observée dans les

cas de Iymphosarcome pulmonaire.

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