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DES HABITUDES

L'habitude est, d'après nous, une faculté acquise par l'organisme, de répéter les mêmes actes par suite de la continuité des mêmes impressions, si bien que cette faculté finit par s'exercer spontanément, parfois même à l'insu de l'individu qui l'accomplit, et par devenir pour lui une source de nouveaux besoins.

Pour établir l'hygiène des habitudes, une première question se présente d'abord à décider : l'habitude exerce- t-elle une influence favorable sur la santé? lui est-elle indifférente? ou bien peut-elle avoir, par suite de son existence, de fâcheuses conséquences pour l'économie? Il n'est pas difficile de répondre à ces questions.

Les habitudes qui exercent une influence favorable sur la santé et qui sont la conséquence de l'éducation, de la vie commune et de la profession, sont, en général, le résultat d'une hygiène bien entendue, et reposent sur l'exercice mo-

déré et régulier des principales fonctions de la vie matérielle et intellectuelle.

Il faut les respecter, les favoriser et même les régler. — Un certain nombre d'autres habitudes sont indifférentes, et n'exercent aucune influence pernicieuse sur l'ensemble de la santé ni sur la régularité des divers actes physiologiques qui la constituent. Elles peuvent être désagréables ou incommodes pour les individus qui les ont contractées, ou pour les personnes avec lesquelles ils se trouvent ; mais l'hygiène n'a rien à y voir ni aucun conseil à donner.

Il est enfin des habitudes dangereuses et dont la persistance ne peut manquer de troubler, d'une manière plus ou moins fâcheuse, la santé générale et la régularité des divers appareils. Il faut tacher de les faire disparaître, et pour y parvenir il est nécessaire d'avoir égard à l'âge et au tempérament. Il faudra ensuite mettre en pratique quelques-uns des principes généraux suivants :

Si l'habitude est décidément vicieuse et funeste à l'individu, il doit chercher à la supprimer sans retard.

Si cette habitude est vicieuse et fortement enracinée, comme l'abus des alcooliques, ce n'est que progressivement qu'on peut chercher à la faire disparaître, car la soustraction immédiate des boissons fermentées ou distillées pourrait avoir de graves inconvénients.

Si l'habitude est nuisible par ses effets trop répétés sur l'organisme, et si en même temps elle est inhérente à l'exercice de la profession de l'individu, on doit chercher à l'atténuer ou à la modifier, afin d'en diminuer les inconvénients. L'ouvrier ne doit renoncer à des habitudes qui font sa vie et sa fortune, que lorsque des expériences infructueuses, répétées plusieurs fois, et, des maladies ou des accidents survenus en ont imposé l'obligation.

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