‹ Le médicin de l'ouvrier [electronic resource]Chapitre 15 sur 52 · CONSEILS PARTICULIERS AUX OUVRIERS TYPOGRAPHES · texte numérisé non relu

CONSEILS PARTICULIERS AUX OUVRIERS TYPOGRAPHES

1 . Les ateliers de typographie doivent être établis dans des lieux vastes, non humides et bien aères. 11 faut qu'un bon système de ventilation amène l'air pur du dehors, et chasse l'air du dedans, vicié par la respiration et les émanations de tous genres. Il faut y faire entretenir, pendant la saison froide, une température convenable et qui ne soit ni trop basse, ni trop élevée. Le poêle est encore le meilleur moyen de chauffage lorsqu'il existe un courant suffisant, et que la prise d'air est convenable et bien entendue.

L'éclairage au gaz doit être préféré à la chandelle et à la lampe, chaque fois qu'il peut être employé sans gêner les travailleurs.

Une grande propreté est de rigueur dans les ateliers. Ce point regarde tout particulièrement les maîtres imprimeurs.

2. L'ouvrier travaillera avec modération, car un travail pénible, comme celui de la presse, par exemple, fait outre mesure, donne lieu à un épuisement de forces qui ne permet plus à l'ouvrier de travailler lorsqu'il avance en âge, et le met dans la nécessité de s'imposer des privations et de vivre dans un état voisin de la misère.

3. Il travaillera le moins possible la nuit. On contrarie par les travaux nocturnes les lois de la nature, qui désigne le commencement de la nuit pour celui du repos; elle invite alors au sommeil, par la nature de l'air plus humide, plus froid, moins sain, par les ténèbres, par le silence, par l'exemple de tous les êtres vivants ; la plupart des animaux sentent leurs forces diminuer sensiblement au coucher du soleil, et tombent dans le sommeil jusqu'au retour de cet astre, qui rend à l'air toute sa salubrité.

Enfin, c'est pendant la nuit que les émanations de tous genres qui s'effectuent au sein des ateliers, deviennent surtout nuisibles pour la santé, sans parler de l'action pernicieuse

(le la lumière artificielle sur les yeux déjà douloureusement fatigués par le travail de la journée.

4. Il se reposera dès qu'il ressentira des maux d'yeux ou de grandes fatigues. Dans ses travaux comme dans ses exercices, il ira jusqu'à une douce lassitude : c'est à cette barrière qu'il doit s'arrêter sans la dépasser. La fatigue n'atteint pas seulement les organes excités par l'action ; elle rejaillit sur tous les organes à la fois, et va souvent assez loin pour troubler les fonctions de la vie. Rien ne ressemble mieux à la fièvre que la courbature, et assez fréquemment la courbature produit la fièvre.

Il est donc toujours prudent de céder à la fatigue comme à la faim et à la soif : il ne faut les ajourner que rarement et ne jamais les exaspérer.

Enfin , vouloir continuer à travailler ayant des maux d'yeux, ce serait exposer ces organes aux inflammations destructives.

5. Il usera à temps de conserves et de bas compresseurs. Les conserves affaiblissent la trop forte action de la lumière et corrigent la direction vicieuse de ses rayons. En général, les verres des lunettes doivent être larges, par la raison que plus ils ont d'étendue et plus ils élargissent le cbamp de la vision, en recevant une plus grande quantité de rayons. Pour être, au reste, convenables, les verres doivent être très-limpides, acromaliques, polis, sans inégalités, ni bulles, ni stries, ni graisses. Ils doivent faire voir nettement les objets, sans fatigue et sans exagérer leurs dimensions : ceci est de rigueur.

Les bas lacets, et même mieux les bas ordinaires à tissu non élastique et à mailles très -serrées, que l'ouvrier met le matin en sortant du lit, suffisent, dans la plupart des cas, pour remédier au gonflement des jambes, et prévenir sûrement la naissance des varices et des autres accidents qui en sont la suite.

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