‹ Le médicin de l'ouvrier [electronic resource]Chapitre 16 sur 52 · Il évitera de mettre les lettres dans la bouche. Nous · texte numérisé non relu

Il évitera de mettre les lettres dans la bouche. Nous

avons relaté plus avant les accidents effrayants auxquels expose cette malheureuse habitude.

7. Il se servira d'un tabouret chaque fois que son travail le lui permettra.

8. Il se préservera de certaines habitudes connues sous le nom de tics, et dont il se déferait difficilement dans la suite.

9. II habitera le plus près possible de l'atelier. Son habitation sera saine, recevant facilement l'air et la lumière. Il devra donc éviter, autant que possible, les rues, étroites et sombres, les impasses et les bataillons carrés. Enfin, il régnera dans son habitation une extrême propreté.

10. Ses vêtements seront appropriés à la saison; ils seront chauds en hiver et légers pendant l'été.

\\. Il se gardera de passer de l'atelier, où la température est toujours très-élevée, dans un lieu frais, lorsqu'il aura le corps en transpiration, sans être convenablement couvert.

42. Ordinairement, trois repas doivent lui suffire : le déjeuner, le dîner et le souper.

Le dîner doit être le plus solide et le plus copieux; le repas du soir sera plus léger.

11 mangera au moins trois fois de la viande par semaine, et de préférence de la viande de bœuf. Le pain le plus savoureux et le plus sain est celui qui est composé de 2/3 de farine de froment et de 1 /3 de farine de seigle. Il doit être bien levé et bien cuit.

Les boissons les plus simples sont aussi les meilleures. La bière dite de ménage, prise modérément, est une excellente boisson.

Il évitera de manger vite, et ne se mettra pas immédiatement après en route pour reprendre tout de suite son travail.

1 4. Il se gardera d'abuser des boissons spiritueuses.

Prises avec excès ainsi que les bières fortes, elles engendrent les plus grands maux : la misère, l'abrutissement, les maladies, le délire, la folie et la mort.

1 5. Il évitera les excès, et ne fera pas suivre quelques jours de débauche de travaux pénibles et fatigants, en se privant, par suite de dépenses faites, d'une nourriture saine et substantielle.

16. Il observera une grande propreté du corps et de la bouche.

Il fera bien de prendre un bain de rivière ou autre, toutes les semaines, pendant l'été, et de laver les principales parties du corps tous les huit jours pendant l'hiver.

Il tiendra dans un grand état de propreté les ongles, les dents et les oreilles. Il s'amasse dans le conduit de l'oreille une humeur épaisse et visqueuse qui se durcit de plus en plus par la poussière qui s'y dépose; cette humeur peut s'accumuler au point de boucher le tuyau auditif et de causer la surdité ; elle rancit et enflamme l'oreille ; il faut donc l'enlever avec un cure-oreille.

17. Il se livrera, les jours de repos, à des promenades en plein air, à des courses, à des jeux gymnastiques qui permettent le développement des muscles.

18. Enfin il évitera les longues séances dans les cabarets et les estaminets : l'air y est souvent corrompu et l'on s'y livre d'ordinaire aux plus coupables excès , qui n'énervent pas moins le corps que 1 ame, et ne contribuent pas peu au développement de nombreuses maladies.

19. Il ne fera pas un trop grand usage du tabac, qui n'est pas toujours aussi innocent qu'on le croit bien.

Le tabac à priser émousse et finit par éteindre un de nos sens, celui de l'odorat; il détermine une irritation et un flux continuel d'humeurs vers le nez, qu'il serait parfois dangereux de supprimer et qu'on ne peut entretenir qu'en augmentant chaque jour la prise. Mais l'habitude de mâcher (chiquer) du tabac est bien autrement dangereuse : elle occasionne des pertes continuelles de la salive nécessaire à la digestion ; elle rend l'haleine fétide, noircit et fait gâter les dents. Fumer outre mesure présente à peu près les mêmes inconvénients,

surtout quand on use du brûle-gueule et qu'on fume du caporal.

20.* Enfin l'ouvrier typographe aura sans cesse présent à l'eprit ce précepte : user de tout avec modération et n'abuser de rien.

Nous terminerons ce chapitre en exprimant le vœu qu'on inculque aux typographes et aux travailleurs en général, l'esprit d'ordre et d'économie; que les maîtres imprimeurs, que les chefs de toutes les professions, au moyen d'une cotisation annuelle, instituent des prix, consistant, par exemple, en certaines sommes d'argent ou en des médailles de valeur, qui seraient décernées publiquement aux ouvriers qui auraient montré, pendant une période de cinq ans, le plus d'aptitude au travail, le plus de sobriété et qui auraient fait le plus d'épargnes.

Nous aimons à penser que l'espoir d'une récompense honorable contribuerait à améliorer singulièrement la classe ouvrière, dans laquelle on trouve déjà un assez grand nombre de gens instruits et dignes de l'estime public.

Enfin, nous voudrions qu'on instituât des maisons de retraite où les travailleurs, alors que l àge les aura mis hors d'état de subvenir encore à leur existence, pussent aller vivre au moyen du versement d'une faible somme d'argent.

Les ouvriers typographes de Bruxelles ont eu une idée réellement heureuse, nous dirons même sublime, en se préoccupant de la fondation d'une société en faveur des veuves, des orphelins et des infirmes.

Cette société, dont les bases sont jetées, ne tardera pas de fonctionner

Nous donnons en note l'extrait du projet de ses Statuts (1),

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