‹ Le médicin de l'ouvrier [electronic resource]Chapitre 17 sur 52 · EXTRAIT DU PROJET DES STATUTS · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU PROJET DES STATUTS

I. — Le candidat, pour être reçu membre de la Société, doit avoir 18 ans accomplis, jouir d'une moralité irréprochable, habiter

que nous approuvons grandement, à l'exception du paragraphe V que nous voudrions voir remplacer par le suivant : « Le sociétaire, âgé de 60 ans au moins, faisant partielle la société depuis plus de quinze ans, reçoit la somme d'argent nécessaire pour son admission dans un hospice de la ville, ou bien a droit, sur sa demande, à une pension de 50 centimes par jour, sa vie durant. » L hospice peut être désigné d'avance, ainsi que la somme d'argent à payer; il s'agit, à cet effet, de s'entendre avec l'une ou l'autre administration de ces établissements charitables.

Nous proposons ce changement au paragraphe V, non sans motif : l'observation journalière nous a appris que les vieillards, en général, recevant une pension inférieure à \ fr. 50 c. par jour, à moins qu'ils n'aient quelque ressource particulière ou ne possèdent un peu de fortune personnelle, finissent par tomber, et cela dans un espace de temps fort court,

Bruxelles ou ses faubourgs et être présenté par un membre de la

Sociélé.

II. — La rétribution est fixée à \ fr. 50 c. par trimestre. Elle est portée à un franc par trimestre lorsque l'encaisse s'élève à 60 fr. par membre.

III. — Au décès d'un membre faisant partie de la Société depuis plus de deux ans, il est alloué à sa veuve ou à ses orphelins une indemnité de 50 francs.

L'indemnité est de trois cents francs, si sa participation à la Société dépasse cinq années.

IV. — A défaut de veuve ou d'orphelins, l'indemnité est accordée à ses héritiers en ligne directe.

V. — Le sociétaire, âgé de 60 ans au moins, faisant partie de la Société depuis plus de quinze ans, reçoit une pension de 50 centimes par jour.

VI. — Une pension de 50 centimes par jour est également accordée au membre participant à la Société depuis quinze années au moins, atteint, depuis son admission, d'une infirmité le rendant incapable de travailler.

VIL — Les pensionnés restent astreints à toutes les obligations imposées par les Statuts.

dans la misère la plus profonde, et se trouvent obligés de solliciter leur inscription sur les tablettes de la charité publique.

Qui pourrait, en effet, soutenir qu'il est possible au vieillard, et surtout au vieillard cacochyme, de vivre avec 50 centimes par jour, s'il n'a pas d'autres ressources? Personne, croyons-nous. Mais on nous dira peut-être que sa famille ou un ami, un véritable ami. se chargera de le nourrir pour cette modique somme. Qu'on se détrompe; nous ne savons que trop bien comment sont soignés dans leurs familles les pensionnaires de nos hospices : les malheureux vieillards, dont la pension est souvent dépensée dès le soir du jour où elle a été perçue, sont pendant les deux tiers du mois l'objet de vexations de tous genres, et meurent d'ordinaire avant le terme fatal fixé par l'inexorable Parque, faute des soins hygiéniques que réclament leur grand âge.

Ces motifs sont-ils assez plausibles pour nécessiter le changement que nous désirons voir adopter? Nous le croyons, et pour cela nous les livrons francs de port à l'appréciation de la société dont nous nous occupons

Nous engageons les autres corporations ouvrières à imiter sans retard l'exemple que leur donne l'Association typographique de Bruxelles : celui d'assurer l'avenir de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs compagnons de travail, exténués par la maladie ou par le grand âge, en détournant de leurs tètes le spectre hideux de la misère.

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