C. Aigreurs d'estomac
Les personnes atteintes d'aigreurs d'estomac doivent avant tout s'abstenir avec soin de toutes les substances qui ont un caractère acescent, telles que la plupart des végétaux et les fruits crus; de celles qui abondent en huile, telles que les viandes grasses, le poisson, les noix ; des mets accommodés avec la graisse, et des liqueurs fermentées, particulièrement des vins verts et de la bière.
Elles doivent d'autant plus se hâter de suivre ce régime, que ces substances que nous leur interdisons sont ordinairement la cause des aigreurs d'estomac , et qu'il est à craindre qu'elles ne les entretiennent, ne les augmentent et ne les rendent plus difficiles à guérir, si elles continuent encore à en faire usage.
On guérit, en général, facilement de cette incommodité. Rien n'est meilleur que la magnésie blanche ou la poudre de santinelli, à la dose d'une demi-once, dans un verre d'une légère infusion de mélisse. On répète ce remède deux ou trois jours de suite, le matin à jeun, et on finit par prendre une médecine ordinaire, de préférence une once de sel anglais, dans un grand verre d'eau.
Après l'usage de ce remède, il faut encore observer, pendant un temps plus ou moins long, le régime que nous venons d'indiquer.
D. Embarras gastrique.
L'embarras gastrique est un état de maladie consistant dans un trouble des sécrétions de l'estomac et du foie s'accompagnant d'inappétence, de dégoût, d'enduit à la langue, de mal de tête, d'envies de vomir, avec ou sans fièvre.
L'embarras gastrique se dissipe assez souvent de lui-même
sous l'influence seule de la dièle et de quelque boisson acidulée.
Les purgatifs et les vomitifs sont les moyens héroïques pour remédier à cette affection. Les éméto-cathar.tiques sont encore des remèdes fort recommandables, et nous les conseillons même le plus souvent Le malade prend un demi-litre d'eau, dans laquelle il fait dissoudre une once de sel anglais, et il y ajoute un grain d'émétique. Il prend de cette boisson un verre à bière tous les quarts d'heure, et il a soin d'observer ce jour la diète. Le lendemain il est généralement rétabli de son embarras gastrique.
E. Diarrhée.
La diarrhée consiste dans un besoin plus ou moins répété d'aller à la selle; dans une évacuation de matières fécales liquides abondantes, accompagnées ou non de coliques et de douleurs analogues.
Nous n'avons à parler que de la diarrhée qui semble exister toute seule, sans lésion concomitante évidente, et qui ne l'accompagne d'aucun phénomène de fièvre.
Le froid est souvent la cause de la diarrhée : ainsi on voit souvent des individus être pris de flux muqueux a tonique du tube digestif à la suite d'un refroidissement des pieds ou de I ont le corps, ou après l'ingestion dans l'estomac d'une certaine quantité d'eau froide pendant que le corps est en sueur: aussi cette maladie est-elle commune chez les chauffeurs. Enfin, il est des diarrhées occasionnées par une alimentation grossière, de mauvaise qualité, par des bières jeunes ou prises en grande quantité; enfin par le séjour dans des lieux humides.
Le traitement le plus simple et celui qui compte le plus de succès, comprend : la diète (le malade ne prendra que de l'eau de riz ou de l'eau de semences de plantain); les
lavements à l'amidon, deux ou trois dans la journée, auxquels on ajoute chaque fois six à huit gouttes de laudanum; les cataplasmes de farine de lin sur le ventre, si les douleurs sont très-fortes, et l'usage d'une décoction de salep à laquelle on aura ajouté une once de sirop de diacode.
Si, malgré ces moyens rationnels et bien simples, la diarrhée ne cessait pas; s'il survenait des vomissements ou si les selles augmentaient et devenaient sanguinolentes, il faudrait sans retard appeler un homme de l'art; car alors il existe quelque complication à laquelle il faut immédiatement apporter remède.
F. Constipation.
On entend par constipation la rareté et la dureté des matières fécales ; un seul conseil résume tout le traitement de la constipation : faire cesser la cause, c'est-à-dire combattre l'irritation ou l'atonie intestinale, réglementer la fonction.
Ce dernier conseil est très-important; car si l'on prend l'habitude de se présenter à la garde-robe, chaque jour, aux mêmes heures, on finit par soumettre la fonction rebelle à l'empire de la volonté, et cela d'autant plus tôt qu'on se soumet à un régime plus convenable, à l'usage de fruits, de légumes verts, de boissons rafraîchissantes, d'aliments plus copieux et fournissant plus de résidus.
Mais quelquefois il faut donner à la volonté des adjuvants ; ce sont les lavements huileux, ou savonneux, ou salés, ou purgatifs, les grains de santé.
G. Crampes.
Quelques personnes sont sujettes à des crampes nocturnes qui peuvent être assez douloureuses pour anéantir com-
plétement le sommeil, et devenir ainsi une cause de maladie.
Nous ne dirons rien des causes des crampes qu'on ne connaît pas, ni des symptômes qui sont, au contraire, connus de tous. On se débarrasse souvent des crampes en se couchant dans un lit disposé en plan incliné, en plaçant le long de son corps une tringle en fer, en se frictionnant la partie ou elle siège avec l'alcool camphré, enfin en plaçant la partie qui en est attaquée plus commodément, si la crampe était occa sionnée par une position fausse et gênante.
H. Ardeurs d'urines.
Les ardeurs d'urines sont un accident fort pénible et qui se montre surtout pendant les grandes chaleurs. Les aliments liquides ou solides, acres et échauffants, y donnent souvent lieu ; il en est de même des petites bières et de l'eau froide prises en grande quantité, pendant que le corps est en transpiration.
Pour faire cesser les ardeurs d'urines, il faut avant tout se soumettre à un régime doux, user de boissons rafraîchissantes, telles que du lait coupé avec de l'eau auquel on ajoute un peu de nitre, de la décoction d'orge, du bicarbonate de soude à la dose d'une demi-cuillerée à café, matin et soir, dans un grand verre d'eau, et si ces remèdes n'opèrent pas assez vite, on prendra, conjointement avec eux, des demibains.