I. Rhumatisme et goutte
Le mot rhumatisme est consacré pour désigner une maladie essentiellement mobile, très-sujette à se déplacer et à récidiver, paraissant siéger essentiellement dans les parties fibreuses et musculaires, et dont le principal symptôme
est une douleur plus ou moins vive, que la pression exaspère souvent, mais qui augmente surtout par le mouvement actif des parties malades.
Le rhumatisme atteint les muscles ou les articulations ; dans le premier cas, il est désigné sous le nom de rhumatisme musculaire, et dans le second cas, sous la dénomination de rhumatisme articulaire.
La goutte n'est autre chose que le rhumatisme articulaire des petites articulations, telles que celles des doigts, des pieds et des mains.
La prophylaxie de la goutte est basée sur la sobriété, l'exercice, la privation de mets de haut goût, des acides et des acidulés en général, de la bière et des boissons alcooliques ; sur les bonnes conditions hygiéniques des habitations et des professions; sur l'usage des eaux de Vichy et mieux encore du bicarbonate de soude, une cuillerée à café tous les jours dans un grand verre d'eau. Ces moyens bien simples à suivre rendent les accès moins fréquents, moins longs, moins douloureux, tendent à diminuer et à faire disparaître les accidents locaux qui en sont la conséquence.
Le rhumatisme articulaire et la goutte cèdent généralement avec célérité au repos, aux boissons sudorifiques, à la décoction de feuilles de frêne, à la décoction d'orge renfermant du nitre, aux pilules de colchique, à l'application, sur les parties douloureuses, de compresses imbibées d'alcool camphré, aux frictions avec l'huile de cajeput, avec le baume opodeldoch ou le baume tranquille.
Le rhumatisme musculaire guérit, en général, promptement par les mêmes moyens.
Nous conseillons fortement aux personnes atteintes de rhumatisme et de goutte, de se faire appliquer localement 1 électricité ; elles verront chaque fois leur mal cesser comme par enchantement en quelques heures. L'électricité est surtout un moyen de guérison excellent pour l'ouvrier : il le rend vite à son travail et cela sans frais.
J. De la maladie vénérienne.
Dans tous les temps, les jongleurs, les empiriques et les charlatans ont joué un rôle plus ou moins important sur le théâtre du monde; la nature humaine, toujours ballotée dès son berceau entre le désir et la crainte, ne cesse d'offrir un moyen de fortune à celui qui espère l'établir sur les infirmités et la crédulité de ses semblables ; aussi son effet est-il infaillible, quelque grossier et maladroit que puisse être l'appât qu'il présente, parce qu'il est toujours proportionné à l'ignorance du peuple, à qui il est surtout destiné.
Jamais maladie n'a engendré plus de charlatans et d'empiriques que la maladie vénérienne. Jamais maladie, par son universalité, ses dangers, ses désagréments, ses variétés, sa turpitude, n'a eu plus d'influence sur le bonheur, la santé et la vie des hommes.
Cette considération nous a engagé à la nommer ici, non pas pour tracer le tableau lugubre de ses nombreuses et horribles manifestations, mais pour engager les malheureux qu'elle mettra sous son joug à recourir toujours et sans délai à quelque médecin expérimenté, sans s'arrêter en route pour recueillir les avis de ses amis ou pour s'adresser à quelque malicieux apothicaire ou à quelque méchant marchand de bonbons au baume de copahu.
Voici le conseil que nous donnons en passant à quiconque s'est livré à un coït suspect : se laver, immédiatement après, les parties génitales avec de l'eau pure et même avec de l urine. en ayant soin avant de lâcher celle-ci, de la projeter fortement contre la pulpe d'un doigt placé au bout de la verge, de manière qu'elle charrie en s'échappant tout ce qui aurait pu y avoir d'irritant dans l'intérieur du canal. On s'astreindra ensuite à un régime doux; on évitera toute excitation du côté des organes génitaux; on marchera peu,
on usera d'une nourriture douce, on ne boira ni liqueur, ni aucune boisson qui, comme la bière jeune ou prise en grande quantité, peut par elle-même produire la maladie.
On conseille encore de ne pas prendre de bains chauds, car ceux-ci favorisent souvent le développement de l'écoulement.
Enfin on ira trouver un médecin expérimenté dès que l'on ressentira la moindre chose insolite.