‹ Le médicin de l'ouvrier [electronic resource]Chapitre 43 sur 52 · D. FISSURE A L'ANUS · texte numérisé non relu

D. FISSURE A L'ANUS

La fissure à l'anus consiste en un petit ulcère étroit, allongé, qui siège entre les plis rayonnés de l'anus et qui détermine ordinairement les plus vives douleurs pendant la défécation.

Les causes principales sont : la constipation, des hémorrhoïdes, le passage de matières stercorales endurcies, un coït impur.

Le malade atteint de fissure à l'anus éprouve une douleur au siège toutes les fois qu'il va à la selle. Lorsque l'affection est déjà ancienne et que les matières sont très-dures, elles traversent l'anus avec peine, y produisent une sensation de piqûre des plus vives, et se trouvent couvertes de petits filets de sang, ou d'une quantité d'humeur blanchâtre.

Le traitement qui réussit le mieux dans le cas de fissure à l'anus consiste dans un régime doux, les bains, les purgatifs légers, comme la prise journalière d'une demi-cuillerée de sel anglais dans un grand verre d'eau, la crème de tartre et enfin dans l'onction de la partie malade avec de la glycérine,

dans laquelle on a incorporé du tannin (une partie de tannin pour huit parties de glycérine). On en imbibe une mèche de coton qu'on s'introduit dans le fondement, le soir, en se couchant.

E. ULCÈKE.

On appelle ulcère une solution de continuité des parties molles avec perte de substance. Ramener la surface ulcérée à l'état de plaie simple, telle est l'indication fondamentale que présente ce genre d'affection.

Pour les ulcères simples, les seuls dont nous avons à nous occuper ici, qui succèdent à la suite d'escharres, ou qu'on voit survenir aux jambes des vieillards et des individus que leur profession oblige de rester habituellement debout ; pour tous ceux, enfin, quelle que soit leur cause, qui sont sans complications, les pansements ordinaires de la plaie qui suppure suffiront presque toujours pour amener la guérison.

C'est dans ce cas que l'emplâtre de Vogel (sparadrap double) et l'onguent consolidant de M. Stahls, de l'hôpital St-Jean, peuvent rendre de grands services. C'est encore dans ce cas surtout qu'est d'une utilité réelle le mode de pansement au moyen de lames métalliques, que M. Reveillé-Paris vient de rappeler à l'attention des chirurgiens. Voici en quoi consiste le procédé : on a une lame de plomb ou d'étain bien polie, d'une grandeur convenable et d'une épaisseur qui varie entre un cinquième de ligne et une ligne; on l'applique sur l'ulcère et on la maintient au moyen d'une compresse et d'une bande circulaire. On la laisse ainsi pendant trois ou quatre jours, après quoi on l'enlève pour essuyer légèrement la surface ulcérée et en nettoyer les bords. On la réapplique, après l'avoir lavée et essuyée avec soin, si la cicatrisation n'est pas ahevée. Une seule lame de plomb peut être appliquée un certain nombre de fois; mais dès qu'elle a perdu son poli, il faut

le lui rendre avant de s'en servir de nouveau, ou bien la remplacer par une neuve. Par l'effet de ces pansements, une plaie ou un ulcère simple est toujours en bon état et se cicatrise promptement. On conçoit que le plomb n'est pas la seule matière qui puisse servir à cet usage; tout autre métal non oxydable pourrait le remplacer.

Pour peu que l'ulcère soit un peu étendu, il faudra nécessairement garder le repos et s'astreindre à un régime sévère. Il importe encore, lorsqu'il existe la moindre complication, d'appeler sans retard l'aide d'un chirurgien ; car un ulcère en apparence fort simple peut quelquefois acquérir en quelques jours une grande gravité, surtout quand il a été mal traité au début ou qu'il est influencé par quelque vice général.

F. HKRN1E.

On appelle hernie, en général, une tumeur formée par le déplacement de parties molles.

Les causes déterminantes d'une hernie sont les contractions musculaires violentes, les efforts de quelque nature qu'ils puissent être, soit pour lever un fardeau, pour aller à la garde-robe dans le cas de constipation, pour évacuer l'urine dans le cas de rétrécissement de l'urètre, de gonflement de la prostate.

Lorsqu'une hernie arrive, c'est-à-dire lorsqu'une portion plus ou moins considérable des instestins se déplace pour produire une tumeur à quelque partie du bas- ventre, il faut aussitôt cesser tout exercice, se tenir dans le plus parfait repos, et essayer de réduire soi-même et de faire rentrer l'intestin déplacé. Pour cela, on se couchera sur le dos, les cuisses élevées et rapprochées du ventre ; ensuite on maniera doucement la tumeur, et par une compression modérée et graduée, on tâchera, avec une main, de réduire l'intestin, en observant de commencer par faire rentrer la portion qui est sortie la dernière ; ce qui s'exécutera plus facilement, en

maintenant avec le pouce et l'index de l'autre main, la partie la plus élevée de la tumeur. Lorsque cela sera exécuté, on empêchera l'intestin de sortir de nouveau, par le moyen d'une pression continuelle sur l'endroit où était la tumeur, soit en y laissant la main, soit en y appliquant une pelotte ou quelque autre corps semblable, si l'on en peut trouver, que l'on contiendra par un bandage.

On se conduira ainsi toutes les fois qu'on ne sera pas à portée d'être secouru dans l'instant par quelque personne de l'art; mais néanmoins on aura soin d'appeler un chirurgien, soit pour reconnaître si la réduction a été bien faite, soit pour lever les obstacles qui s'opposent quelquefois à cette réduction, et pour se conduire dans tout le reste d'après ses conseils.

Lorsqu'une hernie vient à s'étrangler et à s'enflammer, par l'effet d'un coup, d'une chute ou par un effort, ou pour avoir négligé de porter un bandage, ou pour avoir fait quelques excès, il n'y a pas de temps à perdre : le secours le plus prompt est alors nécessaire. En attendant l'arrivée du chirurgien, on prendra un grand bain plus que tiède. On boira une infusion concentrée de café de première qualité. La situation du corps, dans ce cas, est encore une chose essentielle; on se tiendra constamment couché sur le dos, la tête élevée, et les jambes, ainsi que les cuisses, élevées et rapprochées du ventre.

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