VÊTEMENTS
Les habits sont devenus, chez les nations civilisées, un des premiers besoins de l'homme. Mais on se couvre plus pour faire voir la couverture que pour défendre le corps contre les injures de l'air.
Les vêtements de l'homme doivent être en rapport avec ses sensations etses besoins. Malheureusement, celui qui travaille, exposé au froid et à l'humidité, ayant besoin de vêtements chauds qui lui permettent d'y résister, ne peut se les procurer; mais, par bonheur pour l'ouvrier, l'habitude de cet état de choses supplée chez lui au défaut de précautions hygiéniques, que son peu daisance lui empêche de prendre.
Deux choses sont à considérer dans les vêtements : la
substance et la forme. La laine, la soie, le coton, le lin et le chanvre, files, tissés, feutrés, séparément ou mélangés, forment en général la matière de nos vêtements. Les étoffes de laine sont les plus chaudes et celles de lin les plus fraîches. La toile de coton est la plus saine, par la raison quelle ne se sèche que très-lentement lorsqu'elle a été mouillée par la sueur. Les travailleurs qui sont exposés à transpirer beaucoup feront bien de se servir de cette toile pour chemises.
La forme des vêtements doit toujours s'adapter aux parties du corps qu'ils doivent couvrir. En général, ils ne doivent être ni trop serrés, ni trop lâches. Ils seront, de plus, appropriés aux saisons et à la température : ils seront chauds pendant l'hiver, légers durant l'été, et les uns et les autres devront être d'une grande propreté, surtout ceux qui sont appliqués immédiatement sur la peau. Sous notre latitude, il est bon de reprendre de bonne heure et de quitter tard, et peu à peu, les habits d'hiver.
Les vêtements doivent varier suivant les professions. Certains ouvriers sont exposés à une humidité constante; d'autres, à une chaleur dévorante; ceux-ci exercent fortement certaines parties du corps, tandis que ceux-là sont dans une parfaite immobilité. La manière de se vêtir ne peut donc être la même dans ces diverses circonstances : des vêtements imperméables à l'humidité, et perméables à la transpiration, doivent couvrir les premiers; des étoffes fraîches, légères et blanches, doivent former les habillements des seconds; les autres doivent tenir plus chaudement les parties immobiles.
Les vêtements de laine tissés légèrement et peu lourds sont ceux qui conviennent le mieux aux personnes faibles, dans presque toutes les saisons.
D'après Zimmermann, on s'habille, en général, trop chaudement; en voulant par là se garantir du froid, on s'y rend extrêmement sensible. On a pris des Anglais l'usage de porter sur le corps même une camisole de flanelle. Cette habi-
tude est fortement blâmée par Cheyne : le gilet de flanelle entretient à la peau une sueur presque continuelle qui, dans certaines circonstances, occasionne des rhumatismes.
Un soin qu'il ne faut jamais négliger, c'est celui d'avoir toujours les pieds secs et bien chauds ; à cet effet, l'usage de bas de laine est fort recommandable.
Quand on a les pieds humides, il faut changer au plus tôt de chaussures ; sans cette précaution on s'exposerait à contracter des maux de gorge et des affections catarrhales.
11 faut encore se garder* de se découvrir quand on a chaud et de conserver sur soi des vêtements mouillés, à moins qu'on ne fasse beaucoup d'exercice.
Enfin, avant de se servir de linges ou de vêtements qui ont servi aux malades, il faut avoir la précaution de les laver soigneusement, de les purifier par la vapeur du soufre ou du chlore et de les exposer à l'air pendant un temps sec.