MINISTERE
Celle-ci, interrogée à son tour, ne manque pas de jeter tout le blâme sur son mari. « Je comprends, dit le Père; l'un a raison, et l'autre n'a pas tort. » Là-dessus il se met à expliquer le précepte de la charité, la nécessité du support mutuel ; il menace de la colère de Dieu, des châtiments de l'enfer. Le catéchiste prend alors la parole ; dans un langage plus familier il inculque la même leçon. Les chrétiens approuvent ; d'aucuns ajoutent leurs raisons. Les coupables ne tardent pas à demander grâce; ils protestent qu'ils n'ont plus de rancune. On refuse de les croire ; leur repentir n'est que sur les lèvres ; il faut qu'il parte du cœur. « Voyons, dit le Père : d'où viennent vos querelles ? Quand une épine a pénétré dans la chair, il ne sert de rien de mettre des emplâtres sur la peau ; il faut arracher l'épine. Quelles sont donc les causes de vos disputes? » Il en coûte de les dire; on donne des réponses évasives. Le Père se fâche ; il menace de se retirer. Les chrétiens intercèdent. La présence du Souami est nécessaire ; qu'il veuille bien rester ; tout s'arrangera. En effet, femme et mari finissent par faire des aveux complets. Le mal étant mis à découvert, le Père peut y appliquer le remède convenable. Cela fait, les délinquants tombent à genoux ; le mari trace du pouce le signe de la croix sur le front de sa femme. Cela veut dire que la réconciliation est complète ; l'un et l'autre pourront désormais être admis aux sacrements.
Uaïttam, ou préparation à la confession, se fait en commun. C'est le catéchiste qui en est chargé. Il parcourt la liste des péchés les plus ordinaires, enseigne la manière de les accuser, insiste sur l'intégrité de