CHAPITRE I
l'accusation, sur la nécessité d'une sincère contrition, et finalement remet à chacun des chrétiens présents un morceau de feuille de palmier, que chaque pénitent devra présenter à son confesseur, comme un signe qu'il est préparé pour recevoir le sacrement. Après Xaïttam, les confessions commencent et se poursuivent de longues heures ; grande fatigue pour le missionnaire, mais aussi grande consolation ; car il voit, pour ainsi dire, la grâce du Seigneur descendre sur ces âmes qui le cherchent en toute simplicité. Alors ceux dont le cœur était naguère rempli de fiel, lui répètent qu'ils n'ont plus de haine, plus de rancune, qu'ils l'ont entièrement vomie. Réconciliés avec leur prochain et avec Dieu, tous s'approchent de la Table sainte.
Le missionnaire est au milieu de sa chrétienté comme un père au sein de sa famille. Il bénit les petits enfants, baptise les nouveau-nés, visite et console les malades, assiste les mourants. Il distribue, autant que sa pauvreté le lui permet, des médailles, des croix, des scapulaires, des chapelets, et fait tout un peuple d'heureux. Il donne, avec une tendresse spéciale, ses soins aux petits et aux délaissés. Bien des fois, pour les trouver, il lui faudra traverser tout un village où pas un front ne s'inclinera devant lui, parvenir ainsi jusqu'à un quartier retiré, formé de misérables huttes, au milieu desquelles s'élève une toute petite chapelle un peu moins misérable. Là sont les chrétiens parias avec lesquels le missionnaire aime à se confondre, heureux d'avoir un trait de ressemblance avec le Maître qui se disait envoyé pour prêcher l'Évangile aux pauvres et aux petits.