MORT DU P. MARTIN
Le P. Louis Garnier, à qui nous empruntons les détails de ce portrait, a beau s'écrier en l'achevant : « Je ne puis écrire tout ceci sans faire sur moi-même le plus pénible retour » ; ceux qui le connurent ont attesté que, sans le vouloir, il s'est peint lui-même. Du reste, à part les qualités physiques, sur lesquelles on serait aujourd'hui moins exigeant, parce que le fardeau à porter n'est plus aussi lourd, les autres qualités devraient être l'apanage de tout missionnaire.
IV. — Hélas ! la carrière des quatre premiers apôtres devait être aussi courte que brillante. Celui qui succomba le premier fut le P. Alexandre Martin.
Le 18 mai (1840) il avait eu le bonheur d'avoir auprès de lui les PP. Bertrand et Garnier, et un autre missionnaire arrivé dans l'Inde l'année précédente, le P. Edouard de Bournet. Réunis dans un petit village du Marava, les quatre Pères savourèrent un jour ces joies pures dont parle l'Esprit-Saint. « Qu'il est bon, qu'il est doux le bonheur de ces Frères qui habitent dans un même cœur, » le Cœur du divin Maître! Quelques jours après, le P. Martin se rendait à Ideicatour, à l'extrémité sud-ouest du Marava, où il devait célébrer la fête de l'Ascension. A peine arrivé, il se sentit atteint de maux d'entrailles précurseurs ordinaires du choléra. Le matin de la fête, il entendit un certain nombre de confessions ; puis il célébra la sainte Messe. Aussitôt après, les vomissements commencèrent ; l'état du Père devint de plus en plus alarmant. Des courriers furent expédiés en toute hâte au P. Bertrand et au P. de Bournet ; mais ni l'un ni l'autre ne devaient arriver à temps. Le cher malade
Le Maduré. — I.