LE P. BERTRAND EN EUROPE
indépendamment des raisons de santé, des motifs d'un ordre supérieur qui rendaient son rappel indispensable. La Mission était arrivée à un degré de développement qui demandait qu'elle fût régulièrement constituée, avec son organisation propre et son autonomie. Or nul n'était aussi apte que le P. Bertrand pour mener cette importante affaire à bonne fin. Il se rendit à Rome ; il conféra avec le Général de la Compagnie; il écrivit des rapports qui furent soumis au Saint- Père, et préparèrent les voies au décret pontifical qui devait détacher la mission du Maduré du vicariat de Pondichéry et en faire une mission à part, sous le gouvernement d'un Vicaire Apostolique.
Sur le point de quitter le Maduré, le P. Bertrand reçut de son premier supérieur à Rome ce précieuxtémoignage des services qu'il avait rendus à la Mission naissante : «Je vous remercie, au nom de toute la Compagnie, de vos efforts constants pour la rétablir dans cette partie de l'héritage de l'Apôtre des Indes. Je vous remercie.en particulier, d'avoir soutenu le courage des missionnaires, que les pertes si cruelles et si nombreuses de cette année (1843), auraient pu abattre ou du moins ébranler. »
Le P. Joseph Bertrand ne revint pas au Maduré; mais on peut dire qu'il y laissa son cœur. Les intérêts de la Mission l'occupèrent constamment, même dans les dernières années de sa vie. Nous lui devons, outre un volume de Mémoires sur les Missions de la Compagnie, et deux volumes de lettres des nouveaux missionnaires du Maduré, quatre volumes de documents précieux sur l'Ancienne Mission, qui nous ont fourni