‹ Le MaduréChapitre 12 sur 172 · V. Introduction · texte numérisé non relu

V. Introduction

LES EPREUVES DE L APOTRE

trait à certains usages ou rites indiens, et statuait, entre autres choses, que le cordon des brames ne pouvait être toléré. Or le P. de Nobili était accusé de le permettre à ses néophytes ; il semblait donc que le prélat ne pouvait se dispenser, au moins sur ce chef, dépasser condamnation contre le missionnaire. Il n'en fut rien; lorsque l'archevêque eut lu les explications que le Père avait données de sa conduite au synode de Cochin, et en particulier celles qu'il donnait au sujet de l'investiture du cordon pour les brames néophytes ('), non seulement il approuva la conduite du P. Robert en général, mais il ajouta, à propos du fameux cordon, cette déclaration énergique : « Plût à Dieu que ce missionnaire eût plus d'imitateurs de sa vertu et moins de censeurs de sa conduite ! Pour moi, ne s'agirait-il que de sauver une seule âme, je n'hésiterais pas à porter mille cordons de brames. » Malheureusement pour le P. de Nobili, ce prélat fut transféré bientôt après à l'archevêché de Braga, en Portugal (1611).

Cependant le P. Provincial et le P. Visiteur persévéraient dans leur improbation ; les deux inquisiteurs de Goa et plusieurs Religieux de divers ordres partageaient leur opinion. L'humilité du P. de Nobili, plus encore que la prudence, lui conseillait de s'en tenir à

1. Porter un cordon étant en soi une chose indifférente, le P. de Nobili, fidèle à sa méthode, au lieu de proscrire l'usage d'un objet qui est pour les brames une marque extérieure de leur rang, l'avait toléré en le dégageant de tout élément païen. Le cordon que portaient les néophytes brames était bénit par le P. Robert ; les emblèmes païens étaient remplacés par des emblèmes chrétiens ; trois fils, par exemple, rappelaient le mystère de la Sainte-Trinité ; neuf fils, les neuf chœurs des anges, etc.

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