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CONCORDAT

Sur l'ordre des docteurs, qui prescrivirent un changement de climat, il s'embarqua pour l'Australie, et mourut à Sidney en 1880. Mgr Steins fut jusqu'à la fin l'ami intime de Mgr Canoz, l'ami aussi de la Mission à laquelle il avait d'abord été destiné. A ce double titre il mérite ces quelques lignes que nous consacrons à sa mémoire.

II. Un autre événement, d'une importance encore plus grande, date des premières années de la période qu'embrasse ce chapitre : nous voulons dire le concordat entre Rome et le Portugal, qui mit fin au vieux schisme goanais et inaugura le régime de la Double Juridiction.

Tandis que le Portugal, parfaitement indifférent pour tout ce qui regardait les intérêts des âmes, ne se préoccupait que de son droit de patronage, le Vicaire de Jésus-Christ, qui est aussi le Père des fidèles, gémissait sur la triste condition où le refus d'obéissance des prêtres de Goa avait placé les chrétientés de l'Inde, et cherchait à y apporter remède. Dans ce but, Grégoire XVI, vers la fin de son pontificat, et après lui, Pie IX, avaient, à diverses reprises, entamé avec le Portugal des négociations que le mauvais vouloir de la cour de Lisbonne avait empêché d'aboutir. Enfin, Rome voulut voir, ce semble, ce qu'il serait possible d'obtenir en donnant satisfaction aux vaniteuses exigences de ce petit Etat. Un concordat fut conclu, dont les clauses peuvent se résumer dans les quatre articles suivants :

i° Le Pape et le roi de Portugal devaient s'entendre pour la nomination d'un nouvel archevêque de Goa,

et pour fixer les limites de son diocèse et de sa juridiction.

2° Des mesures devaient être prises pour l'érection de nouveaux évêchés sur les territoires jadis appartenant au Portugal, par exemple, à Cochin, à Maïlapour; ces évêchés devaient être dotés par le Portugal, être occupés par des évêques portugais, et dépendre spirituellement de l'archevêque de Goa.

3° Le roi de Portugal était autorisé, dès qu'il en aurait la volonté et les moyens, à fonder d'autres évêchés sur les territoires actuellement soumis aux vicaires apostoliques, dont la juridiction cesserait ipso facto ; Sa Majesté s'obligeait à fournir les fonds nécessaires pour l'établissement et l'entretien des nouveaux eveches.

4°. Six années étaient laissées au Portugal pour exécuter les clauses du concordat. Durant cet intervalle, l'archevêque de Goa était investi d'une juridiction extraordinaire sur les églises, les prêtres et les chrétiens qui, à la date de la signature du concordat, soit dans le Maduré, soit hors du Maduré, étaient en révolte contre l'autorité des vicaires apostoliques.

Ce concordat, qu'on veuille bien le remarquer, portait la date du 21 février 1857; mais ce ne fut que trois ou quatre ans après que les missionnaires en eurent connaissance.

Les concessions faites au Portugal par la Cour romaine étonneront le lecteur, tout comme elles étonnèrent les missionnaires, lorsqu'ils en furent instruits. En accordant à Sa Majesté Très-Fidèle les privilèges contenus dans le troisième article du concordat, le Vi-

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