CHAPITRE QUATRIEME
L'Ere Nouvelle.
Le Père Visiteur. — Le Supérieur religieux. — Les Sœurs de Notre-Dame des Sept-Douleurs. — Les Veuves de Sainte-Anne.
— Encore Adeikalabouram. — Le Scolasticat de Saint-Joseph.
— Esprit religieux. — Nouveaux sanctuaires. — La grande famille. — Les Noces D'or. — Nécrologe.
4me Période : 1873—1887.
Jubilceus est et quinqttagesimus annus. Levit. , XXV, n.
* OUR des raisons qui, selon l'expression de saint Ignace, intéressent la plus grande gloire de Dieu, le Général de la Compagnie de Jésus réside au centre de la catholicité, et ne se déplace que lorsque la persécution le contraint de chercher ailleurs un asile. Il ne peut donc connaître, par lui-même, l'état des provinces et des missions de son ordre. En temps ordinaire, il est suffisamment renseigné par les lettres et les rapports que les Supérieurs locaux, Recteurs et Provinciaux, et leurs Consulteurs lui adressent régulièrement. En outre, de loin en loin, ou dans les circonstances extraordinaires, le Général envoie des Visiteurs investis de son autorité, qui, ayant pris connaissance, sur les lieux mêmes, de l'état d'une mission ou d'une province, lui rendent un compte fidèle de ce qu'ils ont vu ou appris. C'est ainsi
que le P. Saint-Cyr fut désigné, en 1859, pour visiter la Mission de Bourbon.
Mgr Canoz avait, dès 1855, sollicité pour le Maduré la même faveur; mais elle ne devait lui être accordée que dix-huit ans plus tard. Le 19 juillet 1873, arriva à Trichinopoly le R.P.Jean Lessmann, de la province de Germanie et de la mission de Bombay, chargé par le T. R. P. Général P. Beckx de faire, en son nom, la visite de la mission du Maduré. Son séjour parmi nous se prolongea jusqu'au 5 décembre 1875. Le Révérend Père parcourut toute la Mission, s'arrêta dans chaque district, vit chaque missionnaire en particulier, réchauffa les courages, resserra l'union des cœurs, conquit l'estime et l'affection de tous. Les missionnaires étaient heureux de lui amener leurs chrétiens, de lui montrer leurs œuvres, leurs modestes succès et leurs espérances. Le P. Visiteur s'intéressait à tout et prenait note de tout. Il aimait à raconter lui-même les consolations qu'il avait éprouvées en arrivant dans tel ou tel village, quand les populations venaient à sa rencontre, et le recevaient en triomphe. Il ne pouvait, disait-il, s'empêcher d'envier la condition de ces humbles ouvriers qui, à force de fatigues et de soins, avaient formé, au milieu du paganisme, et fait croître ces chrétientés dont il admirait le bon esprit et la ferveur. Adeikalabouram surtout, avec sa grande famille d'orphelins, dont l'air ouvert et les visages épanouis semblaient refléter la grâce baptismale, lui faisait verser des larmes de bonheur.
Prodigue envers tous des témoignages de sa charité, le R. P. Lessmann semble néanmoins avoir eu une