‹ Le MaduréChapitre 136 sur 172 · LE R. P. VISITEUR · texte numérisé non relu

LE R. P. VISITEUR

sorte de prédilection pour le collège Saint-Joseph. Il aimait à prolonger son séjour dans cette maison, à donner lui-même aux Nôtres, en cette langue latine où il s'exprimait si bien, les exercices de la retraite annuelle, à s'entourer des enfants catholiques qui, au nombre de 250, faisaient leur éducation au collège; à parler aux congréganistes. et, dans les solennités publiques, comme les distributions des prix, à payer de sa personne, jouant lui-même de l'harmonium et dirigeant le chœur des musiciens. Il avait compris toute l'importance de l'œuvre qui se fait au collège.

Le bon Père fut regretté de tous à son départ, et lui-même voulut bien nous dire qu'il lui en coûtait de se séparer de cette Mission qu'il appelait « la plus belle des Missions »; qu'il avait, ajoutait-il, d'autant plus affectionnée et estimée, qu'il l'avait mieux connue. Le R. P. Lessmann fut, en reconnaissance de ses services, admis par le P. Général à la profession des quatre vœux qu'il émit à Fiesole, le 27 septembre 1876. Il reçut bientôt après sa destination pour le Nouveau- Monde. Après avoir gouverné dix ans la Mission allemande des Etats-Unis, il fut, sur la demande du Saint-Père, envoyé au Canada pour remplir encore l'office de Visiteur. En 1891, il exerçait les modestes fonctions de ministre dans la résidence de Buffalo, dans l'état de New-York. Le souvenir du R. P. J. Lessmann sera toujours cher aux missionnaires du Maduré.

Le R. P. Lessmann fut, durant les deux ans et demi que dura son séjour au Maduré, supérieur général de toute la Mission ; et l'un des principaux résultats de

sa visite fut l'établissement de ce mode de gouvernement. A côté de l'évêque, auquel appartient l'administration des affaires purement ecclésiastiques, se trouve désormais un Supérieur religieux, dépendant directement du provincial de Toulouse, mais investi lui-même du pouvoir de vice-provincial sur les autres Supérieurs ou Recteurs de la Mission. L'arrivée au Maduré de celui qui devait succéder au P. Lessmann dans la charge de Supérieur Général, précéda à peine de quelques mois le départ du P. Visiteur. Il n'est que juste toutefois de remarquer que, si le R. P. Léon Barbier était nouveau venu au Maduré, il lui appartenait depuis longtemps par le cœur, ayant pendant quinze ans sollicité avec instance la faveur d'y être envoyé. Heureux d'avoir enfin triomphé des résistancesde ses supérieurs, il arriva dans la Mission le 9 novembre 1875. Travailler comme un simple missionnaire était toute son ambition; mais Dieu lui réservait une charge plus lourde ; c'était la Mission tout entière qu'il allait placer sur ses épaules. Le Rév. Père porte ce fardeau depuis dix-huit ans (z). Certes, durant ces longues années, les croix ne lui ont pas manqué; mais la croix, acceptée avec amour et portée par obéissance, est une source de bénédictions. Dieu, en effet, a béni le gouvernement du nouveau Supérieur et son union parfaite avec le Vicaire Apostolique, dont il est en même temps le Vicaire général. Un progrès dont tous sont frappés et rendent grâce à l'Auteur de tous biens, s'est opéré ; un nouvel élan a été imprimé aux œuvres anciennes ; des œuvres

1. Le P. Louis Verdier vient d'être nommé Supérieur-général ; le R. P. Barbier est Recteur du collège.

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