Les PP. Barelle. Delévaux et notre P. Alex. Martin
de le voir, dans cette lutte suprême où le chrétien est aux prises avec la mort. Deux fois il fut attaqué du choléra. La seconde attaque, qui eut lieu en 1846, fut si violente qu'elle le réduisit à la dernière extrémité ; il ne dut son salut, s'il faut l'en croire, qu'aux ferventes prières de ses chrétiens. En 1847, le Père fut appelé à Trichinopoly et chargé de la chrétienté, ainsi que du catéchuménat ou hôpital de cette ville. Transféré à Maduré, en 1853, il y fonda un hôpital semblable à celui de Trichinopoly. Douze ans durant, de 1855 à 1867. il remplit les fonctions de Père Spirituel au collège Saint-Joseph. Ses dernières années se partagèrent entre Trichinopoly, Tanjaour et Vadakenkoulam. En 1874 il revint à Trichinopoly pour la quatrième fois ; mais cette fois c'était pour y mourir.
Le P. Sales fut un modèle de régularité, d'une obéissance parfaite envers ses supérieurs, d'une exquise charité à l'égard de ses Frères, et un guide expérimenté dans les voies de la perfection.
P. Claude Bedin. — Nature énergique et généreuse; bon, affable et cordial envers tous ; estimé et aimé de tous ; modeste, ne parlant jamais de lui-même et de ses œuvres ; essentiellement homme de foi, dont la devise était : tout pour Dieu ; voyant Dieu en tout, dans les personnes et dans les événements ; tendrement dévot à Marie, à qui il attribuait sa double vocation de religieux et de missionnaire ; d'une simplicité qui prenait tout en bonne part ; d'une droiture d'âme qui ne connaissait ni les voies obliques, ni les demi-mesures, et ne condescendait à la faiblesse que pour stimuler le courage ; homme de devoir, enfin, et ne sachant pas
hésiter en face d'une obligation : tel était le P. Claude Bedin, « une des plus belles figures que présente la Mission du Maduré», dit son historien ('). Pour achever de purifier son serviteur, Dieu lui envoya l'épreuve de la souffrance. A la suite d'une chute de cheval, il contracta au pied une entorse qui lui fit endurer les plus violentes, douleurs de la goutte. Les plus habiles chirurgiens de Paris, que ses supérieurs l'obligèrent d'aller consulter, ne purent soulager son mal. Le Père revint néanmoins au Maduré ; il avait mis cette condition à son obéissance, que, guéri ou non, il viendrait mourir dans la Mission. Les cuisantes douleurs qu'il éprouvait ne l'empêchèrent pas de monter chaque jour au saint Autel. Elles n'altérèrent en rien sa bonne humeur et la paix de son âme. Résigné à la volonté divine, bénissant Dieu dans ses souffrances, puisant sa force dans le Pain des forts, il endura paisiblement son martyre qui fut de trois ans. Il mourut saintement le 30 avril 1876.
P. JosepJi Hurlin. — Après le P. Bedin mourut le P. Joseph Hurlin (26 février 1877). Basque d'origine, le P. Joseph puisa sa vocation à la Compagnie dans un pèlerinage qu'il fit au sanctuaire de Loyola. Il entra dans la province de Piémont en 1841, à l'âge de 32 ans. Quatre ans après, le 2 septembre, il arrivait aux Indes, avec six compagnons. On le croyait le plus faible de la bande ; mais au Maduré ce ne sont pas toujours les fortes santés qui résistent le mieux ; le P. Hurlin a survécu longtemps à ceux qui vinrent dans la Mission en même temps que lui. Sa mémoire