CHAPITRE CINQUIEME
Derniers Événements.
Le Bref Studio ci vigilantia. — Nouvelles négociations. — Établissement de la Hiérarchie catholique. — Revue générale. — Riche moisson autour de Tuticorin.
Qui seminant in lacrimis in cxultatione vietent. Ps. cxxv, 5.
œEPUIS la promulgation du concordat de 1857, la plupart des vicariats de l'Inde se trouvaient sous le régime de la Double Juridiction. Tel était le cas surtout au Maduré où, dans les princi-
pales villes, comme Trichinopoly, Tanjaour, Négapatam, Dindigul, Maduré, Tuticorin, et dans une multitude de villages, une partie des chrétiens dépendaient, ou étaient censés dépendre de l'archevêque de Goa. Nous avons dit ailleurs les très graves inconvénients qui devaient nécessairement résulter de ce système. Bien des fois les Vicaires Apostoliques, Mgr Canoz en particulier, les avaient, comme c'était leur devoir, signalés, avec faits à l'appui, à l'archevêque de Goa et au Saint-Siège. Six évêques, que les fêtes du centenaire de Saint Pierre avaient appelés à Rome, rédigèrent un mémoire à ce sujet, qu'ils firent présenter au Saint-Père. Trois années après, un document encore plus détaillé, et signé par dix-sept évêques, exposait au Vicaire de Jésus-Christ les querelles et les désordres
sans fin qui naissaient de l'exercice de la Double Juridiction, et le suppliait d'user de son autorité suprême pour mettre un terme à une situation si préjudiciable au bien des âmes.
Ce n'était donc pas seulement le Maduré qui souffrait de ce mélange d'autorités, et Mgr Canoz n'était pas le seul à désirer d'en être débarrassé. Si on ajoute qu'il le désirait plus vivement qu'aucun de ses vénérables collègues, nous n'y contredirons pas. Il avait ses raisons pour cela : l'étendue de la Double Juridiction, qui embrassait à peu près tout son vicariat, l'éloignement où étaient les prêtres goanais de leurs supérieurs ecclésiastiques, qui leur créait une sorte d'indépendance dont plusieurs abusaient pour s'affranchir de toutes les règles; les lettres de ses missionnaires, qui lui signalaient sans cesse de nouveaux désordres et de nouveaux abus, et d'autres raisons encore, rendaient à Mgr Canoz le poids de la Double Juridiction particulièrement accablant.
Ce que Mgr Canoz et ses Frères dans 1 episcopat appelaient de tous leurs vœux, le Saint-Siège le désirait non moins vivement. Nous dirons brièvement ce qu'il a voulu faire, ce que les mesquines prétentions du Portugal ne lui ont pas permis de faire, ce qui a été fait jusqu'à ce jour, dans le but d'améliorer la situations des églises de l'Inde.
Le moyen le plus simple et le plus court pour en finir avec la Double Juridiction et l'ingérence portugaise, si ce moyen avait pu réussir, c'eût été de faire intervenir le gouvernement anglais. L'Angleterre est maîtresse chez elle. Le cabinet de Londres n'avait