‹ Le MaduréChapitre 161 sur 172 · NÉOPHYTES · texte numérisé non relu

NÉOPHYTES

« A Maravamadam, toutes les familles sont venues demander le baptême.

« Un village entier, qui avait apostasie jadis et que nous ne connaissions pas, est revenu soudain à la vraie religion.

« A Poudoucottey, les protestants se sont cachés. Les brames, les vellages, toutes les autorités ont voulu nous recevoir, et ont promis de nous aider de toute manière. Ils nous ont offert gratis autant de terrain que nous voudrons, et se sont engagés à nous bâtir une école à leurs frais. Ils ne demandent qu'une chose, qu'on accepte de la diriger, et qu'on les aide à se débarrasser des protestants.

« Dans un gros village, l'institutrice protestante est venue la première à notre rencontre. « Pères, nous a-t-elle dit, je veux être catholique ; veuillez bien m'instruire. Désormais, au lieu de servir les protestants, je serai à votre service. » Elle est déjà catéchumène, et tous font son éloge.

« Je ne puis raconter une quantité de faits vraiment touchants, qui font voir que ce mouvement est entièrement l'œuvre de Dieu. Pas un seul qui nous ait demandé des secours d'argent.

« Je suis presque effrayé de l'immensité du champ qui s'ouvre devant nous. »

Le 2 février, le même Père ajoutait : « Hier, j'ai eu encore de nombreuses demandes de conversions. Maintenant c'est toute la contrée qui s'ébranle. Nous ne pourrons pas répondre à tous les besoins. Il y a parmi nos catéchumènes des sujets .extrêmement zélés. »

Le Maduré. — I. -55

Et quelques jours après : « La visite que je viens de faire dans nos nouvelles chrétientés du sud, m'a montré que le bien opéré est vraiment merveilleux. Sans aucune avance de notre part, sans aucun besoin matériel, poussés uniquement par un désir indéfinissable, des milliers de païens se précipitaient à notre rencontre pour nous supplier de les faire instruire et de les sauver. On nous appelle de tous côtés. Ce ne sont plus les villages de la côte seulement qui nous demandent ; le même ébranlement se produit sur les autres points. Nous aurions une population de dix mille âmes à instruire. Que le bon Dieu nous vienne en aide en nous envoyant de bons catéchistes et des fonds pour les payer ! »

Nous regrettons bien de ne pouvoir prolonger ces citations. Nous indiquerons au moins quelques-uns des traits touchants auxquels il est fait allusion dans ces extraits.

D'abord, qui ne serait touché de voir une foule de païens, vivant dans un état voisin de la misère, venir au missionnaire catholique, lui demander avec instance, non pas un soulagement à leur extrême pauvreté, mais un catéchiste ou un chrétien quelconque qui leur apprenne ce qu'il est nécessaire de savoir pour recevoir le baptême, et persévérer des mois, ou même une année entière, dans leur demande ? Et quand le missionnaire, ne pouvait, malgré son désir, exaucer leurs requêtes, alors ces braves gens de dire : « Eh bien ! nous apprendrons de nous-mêmes les prières » ; et des vieillards, de pauvres vieilles, dont la mémoire était depuis longtemps rouillée, se condamnaient à répéter

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