‹ Le MaduréChapitre 17 sur 172 · PROGRÈS DE LA MISSION · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA MISSION

font les empressés. Après avoir traversé une longue suite d'appartements, le cortège entre dans la salle du trône. Trois ou quatre hommes s'emparent de la peau de tigre qu'ils étendent par terre, avec de grandes démonstrations de zèle ; d'autres aspergent d'eau de senteur le plancher, les murailles, le plafond. Le Père prend place sur le tapis qu'on lui a préparé, croise les jambes, montre un sérieux imperturbable. Bientôt une porte s'ouvre ; c'est le prince qui fait son entrée. Il vient s'asseoir à côté du Père qu'il comble de marques de respect; puis la conversation s'engage. Bref, l'auguste personnage futtellementcharmé de la visite dusanniassi étranger, qu'il l'invita à s'établir dans sa capitale et lui offrit un emplacement pour bâtir une église. Mais le Père n'avait pour lors d'autre intention que de gagner sa bienveillance ; il le remercia de ses offres et lui promit de revenir sur ses terres. Il eut, à cette occasion, avec le frère de ce prince.de fréquents entretiens dont nous verrons bientôt les heureux résultats.

De Sandamangalam le Père se rendit à Salem, ville importante, à trente lieues nord-ouest de Trichinopoly. Il y trouva la Croix et les joies qui en sont le fruit.

Toutes les portes se fermèrent devant lui, et celles des maisons et celles des cœurs. On n'avait que faire du Dieu que prêchait ce sanniassi ; des dieux, on en avait assez ; on avait pareillement assez de gourous sans lui. Les compagnons du Père eurent beau implorer en sa faveur la pitié des gens, il leur fut impossible de lui trouver un asile. Il dut se contenter d'un misérable réduit ouvert aux vents et à la pluie, situé en dehors de la ville. C'était la saison de l'hiver ; les nuits

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