‹ Le MaduréChapitre 18 sur 172 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

alors, même dans le sud de l'Inde, sont plus que fraîches, et le vent qui souffle pendant ces nuits est toujours dangereux. Mais le P. de Nobili s'estima heureux de n'être pas mieux logé à Salem que le Sauveur du monde à Bethléem. Il semble qu'il aurait dû secouer la poussière de ses pieds sur cette ville infidèle et porter ailleurs la parole qui sauve les âmes ; mais le Père ne savait pas se régler d'après les conseils de la sagesse humaine ; il consulta Dieu dans la prière et résolut d'attendre. Il attendit ainsi quarante jours. Les privations et les souffrances qu'il endura lui causèrent une maladie grave. Ce surcroît d'épreuves ne fit qu'augmenter sa confiance ; une voix secrète lui disait que tant de peines endurées, en défrichant cette terre ingrate, seraient payées d'une abondante moisson. Enfin un des habitants, touché de compassion, lui offrit un asile dans sa maison ; son offre fut acceptée et dès lors tout prit une nouvelle face. Le Père, qui était dangereusement malade, fut rendu à la santé presque subitement ; les dispositions du peuple changèrent ; ceux qui l'avaient d'abord repoussé se montrèrent avides de l'entendre. Salem aussi avait son roi ; ce prince voulut voir cet homme extraordinaire, et il fut tellement ravi de ses discours qu'il l'invita à lui demander n'importe quelle faveur, ajoutant qu'il serait heureux de la lui accorder. Le Père ayant répondu qu'il ne désirait 'qu'une seule chose, son amitié, le prince l'assura qu'il était et resterait toujours son ami ; il devait tenir parole. Comme premier gage de son affection, il lui assigna pour résidence une maison située dans le quartier des brames. Les catéchumènes se présenté-

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