LE P. ANTOINE VICO
fatigue, arriver à leglise et y passer des heures entières, occupés à réciter le chapelet et les autres prières, à faire l'examen de conscience et entendre les instructions. Il en est parmi eux qui prennent encore sur leur sommeil pour faire oraison et méditer sur les mystères de Notre-Seigneur. Et quand nous leur disons que les fatigues qu'ils doivent endurer, à cause de leur extrême pauvreté, leur rendent le repos nécessaire.ils nous répondent : «C'est précisément parce que nous sommes pauvres et privés de tous les avantages de ce monde que nous devons chercher nos richesses et notre bonheur dans les biens du ciel. » Dieu, en effet, ne se laisse pas vaincre en générosité ; l'humilité, la paix et la joie de ses serviteurs montrent bien qu'ils ont trouvé le véritable trésor. Surchargés de travaux, privés souvent de leur salaire ou accablés de coups par des maîtres injustes, ils supportent ces mauvais traitements avec une patience invincible, qui souvent désarme, et parfois convertit leurs persécuteurs. »
La mission de Maduré continua de s'étendre sous la bénédiction du ciel, et le P. de Nobili reçut de nouveaux collaborateurs dont nous dirons plus loin les noms et les œuvres.
En 1638 il eut la douleur de perdre le P. Ant. Vico, le compagnon de ses travaux pendant 28 ans, et son intime ami. Après avoir cultivé la chrétienté de Maduré l'espace de vingt ans, se trouvant malade et épuisé de forces, il fut transféré à Moramangalam et ensuite à Trichinopoly. Nommé plus tard supérieur de la Mission, il exerçait encore cette charge quand Dieu l'appela à lui (18 oct. 1638).