‹ Le MaduréChapitre 24 sur 172 · DERNIÈRES ANNÉES DU P. DE NORILI · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES DU P. DE NORILI

sion de Maduré, le champ de son apostolat pendant quarante ans. Il fut nommé supérieur de la mission de Ceylan.il continua, malgré ses infirmités, — il était presque aveugle — à travailler comme un simple missionnaire; on l'appelait le saint Père. C'était un spectacle attendrissant que de voir ce vénérable athlète lorsque, appuyé sur un bâton, il paraissait hors de sa demeure, et se dirigeait à tâtons, à travers les rues, pour se rendre à l'église. Alors les chrétiens venaient à sa rencontre, se pressaient autour de lui, le soulevaient sur leurs bras et le portaient comme en triomphe.

Ses forces diminuant de plus en plus, les supérieurs crurent que le temps était venu de le soustraire entièrement aux fatigues du ministère, et lui assignèrent pour résidence la ville de Maïlapour. Il y vécut en parfait sanniassi. Il se construisit, dit-on, une cabane de terre, où il se retira, avec quatre brames chrétiens qui voulurent partager sa vie de travail, de prière et de pénitence. Depuis plus de quarante ans il n'avait fait qu'un repas par jour, qui consistait dans une poignée de riz, du beurre et du lait. Ce régime lui parut désormais trop délicat ; il remplaça le lait et le beurre par des herbes amères cuites à l'eau et assaisonnées d'épices. Ses dernières années furent employées à composer divers ouvrages que les brames, ses compagnons, écrivaient sous sa dictée, et qui devaient continuer après sa mort le bien qu'il avait fait durant sa vie.

Pendant que le vénérable anachorète utilisait ainsi les loisirs de sa solitude, des troubles éclatèrent à Maïlapour. Le Supérieur du P. de Nobili, craignant pour sa sûreté, l'invita à se réunir aux Pères qui avaient

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