CHAPITRE II
fait ses études, avait été fondé par ses ancêtres. Après quatre ans de vie religieuse, il fut, à l'âge de vingt-trois ans, envoyé aux Indes, passa six ans à Cochin, et fut ensuite attaché à la mission de Maduré (1653) où il travailla pendant treize ans. Il plut à Dieu de le couronner lorsqu'il était encore dans toute la force de lage.
Caractère aimable, il était la joie de ses Frères et gagnait l'affection de tous ceux qui l'approchaient. Les chrétiens l'aimaient comme leur père, et lui-même les regardait tous comme ses enfants. Le P.Freire ajoute : « Je n'entreprendrai pas de dire les regrets qu'il a laissés, la douleur et les larmes des néophytes et des missionnaires. Tous ont perdu en lui un père et un ami. Pour moi, qui ai eu le bonheur de vivre longtemps en sa compagnie, d'apprécier ses qualités et d'admirer ses vertus, j'avoue que je ne puis tracer ces lignes sans les arroser de mes larmes. »
Chose assez étrange ! La vie que menait le P. de Proenza, si pénitente et si laborieuse, au lieu d'exténuer son corps, lui avait fait contracter un embonpoint qui était devenu une véritable infirmité. Mais il portait sa misère de très bonne grâce et, loin de se fâcher des plaisanteries que ses Frères se permettaient parfois sur sa corpulence, il admettait tout le premier que c'était « une monstruosité dans un missionnaire ! »
Le P. Ant. de Proenza, avons-nous dit, était de la classe des missionnaires pandarams : nous croyons devoir consigner ici le jugement qu'il portait sur ses Frères, les Brames-Sanniassis. Il paraît que ceux-ci, en dépit de la vie crucifiante qu'ils menaient, étaient