‹ Le MaduréChapitre 34 sur 172 · LES PP. FR. ARCOLINI ET EM. DE BRITTO · texte numérisé non relu

LES PP. FR. ARCOLINI ET EM. DE BRITTO

toujours des hommes prêts à l'embrasser, parce que la grâce et l'amour des âmes rendraient possible ce qui semble impossible à la nature. «De tels exemples, ajoute le P. Freire, sont bien propres à nous encourager au service d'un Maître qui ne demande de grandes choses de ses serviteurs, que parce qu'il se réserve de suppléer à leur faiblesse par sa grâce toute-puissante. »

Le P. Fr. Arcolini mourut en 1673 ou 1674. Il fut précédé dans la tombe par le P. Emmanuel de Britto, bien digne de porter le nom du glorieux martyr que nous verrons bientôt apparaître. La carrière d'apôtre du P. Emmanuel ne fut que de six ans ; mais on peut dire qu'aucun missionnaire du Maduré n'endura en si peu de temps autant de souffrances pour Jésus-Christ. Pour ne citer qu'un seul fait, il était malade, et dans un tel état de faiblesse qu'il ne pouvait se tenir debout, lorsqu'un brame, ennemi du nom chrétien, le fit prendre par ses satellites. Il fut d'abord souffleté, puis frappé si longtemps et si durement que son corps ne formait plus qu'une plaie, étendu enfin sur une sorte de chevalet et soumis à toutes les tortures que la cruauté de ses bourreaux put imaginer. Ayant survécu à tous ces tourments, il fut jeté dans un cachot qui lui parut une image de l'enfer, tant il était infect et brûlant ; « mais la bonté de Notre-Seigneur, disait-il, en fit pour moi un paradis ». Le P. Emmanuel administrait alors le district de Congoupatty qui limitait, à l'ouest et au nord, celui de Tottiam. Dès la première année il y avait baptisé 965 idolâtres et construit une nouvelle église. Traversant une région empestée, pour aller porter secours à une partie de ses chrétiens, il contracta une

PREMIÈRE rARTIE.

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