LE P. BALTHASAR DA COSTA
le Tage. Ils étaient divisés en deux bandes ; l'une, destinée aux missions de Chine, suivait le P. Intorcetta, leur supérieur ; le P. Balth. da Costa devait conduire l'autre aux Indes orientales. Tous portaient sur leur poitrine l'image du Dieu crucifié qu'ils allaient annoncer aux infidèles ('). »
Le vaisseau qui emportait cette phalange d'apôtres, poussé par un vent favorable, atteignit en quelques jours le passage de la ligne. Alors les épreuves commencèrent. A la brise qui avait soufflé durant les premiers jours succéda tout à coup un calme plat ; la mer était unie comme une glace, et tous les efforts des matelots ne purent faire avancer le navire. Arrêtés sous un ciel de plomb, ne respirant qu'un air embrasé, sans autre breuvage qu'une eau corrompue, la plupart des passagers tombèrent malades. Bientôt la contagion s'installa abord du vaisseau et fit de nombreuses victimes. Les missionnaires ne furent pas épargnés ; dans le courant du mois d'avril, dix succombèrent. Le P. Balthasar da Costa fut une des premières victimes. Il mourut le 21 avril 1673.
Quand la nouvelle de cette mort arriva aux Indes, elle y causa une consternation générale. « Quelle perte, écrit le P. Freire, que celle d'un tel Père, d'un tel maître, d'un tel apôtre! Il m'est impossible d'exprimer la douleur de nos chrétiens. Ils pleurent toujours la mort de leurs missionnaires ; mais jamais ils n'ont témoigné leurs regrets par des larmes si abondantes. Pour moi, que la douleur accable, je cherche ma consolation dans le souvenir des vertus et des longs tra-