Environ 30 milles à l'ouest de Pondichéry
JEAN DE P.RITTO ! LE MISSIONNAIRE
eaux et, pendant trois jours, il n'a pour nourriture que quelques herbes sauvages qu'il cueille avec beaucoup de fatigue. « Mais, ajoute-t-il, Notre-Seigneur se plaît à consoler ses serviteurs, même quand ils le méritent le moins. Aussi puis-je assurer que ces jours furent pour moi des jours de délices. Ma joie s'accrut à la vue des populations qui accoururent auprès de moi dès que les rivières furent guéables. Dans l'espace d'environ un mois je confessai plus de 1 ,500 néophytes et baptisai plus de 300 païens. J'étais occupé à disposer au baptême au moins trois cents autres catéchumènes, lorsqu'une lettredu PèreSupérieur m'ordonna deme rendre de suite à Madras pour y traiter une affaire importante. »
Cette lettre était adressée au P. André Freire à qui il avait été donné pour collaborateur, etsous la direction . duquel le soldat de la Croix fit ses premières campagnes. Le P. Freire envoya la lettre au P. Paul Oliva en y joignant l'apostille que voici :
« Pour suppléer à ce que la modestie du P. Jean de Britto lui fait omettre, je dois signaler le zèle des âmes qui le dévore, les fatigues excessives qu'il endure, les persécutions journalières de la part des brames, qu'il supporte avec une admirable patience. Malgré leurs vexations, il a terminé son église des parias, dont la beauté ravit les néophytes. Déjà son zèle a réuni plus de 360 chrétiens dans une solitude qui, un an auparavant, n'en comptait pas un seul. Il est vrai que sa position ne lui présente que des privations ; mais il n'a aucun souci des choses de ce monde. Le salut des âmes est sa joie, sa nourriture, sa vie. >>