LE P. ANDRÉ FREIRE
B. Jean de Britto aux labeurs de l'apostolat et son intime ami. On se rappelle cette marche de plusieurs jours qu'ils firent ensemble, à laquelle les jambes novices du P. de Britto ne purent résister. Quant au P. Freire, il y avait près de vingt ans que dépareilles courses lui étaient familières. De Tanjaour, qui fut longtemps comme son quartier général, il partait pour des excursions de trente ou quarante lieues. Comme Supérieur, plus tard comme Visiteur de la Mission, il la parcourut dans tous les sens. Infatigable au travail, il ne se reposait que lorsque l'épuisement complet de ses forces trahissait l'ardeur de son zèle. Durant ce repos obligé, il se délassait en racontant les œuvres de ses Frères, ce qui le consolait, disait-il, du regret de ne rien faire. Il nous a laissé quatre précieuses relations, adressées au R. P. Général Paul Oliva.
L'éloge du P. Freire est dans les lignes suivantes que le P. Jean de Britto, son ami, écrivait en 1683 au Général de la Compagnie : « La résidence de Vadouguerpatty, l'une des plus considérables de la Mission, est administrée depuis trois ans par le P. André Freire. Je ne saurais vous parler dignement des rares vertus et des glorieux travaux de cet homme apostolique, et des milliers d'âmes qu'il a converties à la foi pendant les vingt-sept années qu'il a passées dans cette Mission. Braver le soleil, la pluie, les vents, les rosées pernicieuses, la faim et la soif ; voyager sans cesse à pied et souvent pieds-nus, à travers les montagnes, les déserts et les bois épineux ; dormir sur la terre-nue ; se dévouer le jour et la nuit au saint ministère, gouverner toute la Mission, aussi bien que son