LE P. FRANÇOIS LAYNEZ
du P. Fr. Laynez. Il commença sa carrière par une épreuve bien rude. Désirant visiter encore la chrétienté d'Outtamapaleam, et en même temps m'épargner un détour qui m'aurait demandé plus de dix journées démarche, je pris le chemin des montagnes. Le P. Laynez voulut absolument m'accompagner. Nous gravîmes ces rocs escarpés dont j'ai parlé; mais cette fois nous eûmes de plus à supporter la faim, la soif et un soleil brûlant qui nous firent courir un véritable danger de mort. J'admirai la patience et la générosité du nouveau missionnaire. Nous étions réduits à ne manger qu'une fois en vingt-quatre heures, et notre repas consistait en une poignée de riz. Nous étions continuellement exposés à être attaqués par les brigands ou par les tigres ; mais Dieu nous protégea contre tous les dangers et nous donna la force de supporter toutes nos fatigues. »
Prenons congé du P. Abreu et voyons à l'œuvre le P. Laynez.
Son entrée dans la Mission de Maduré date de 1 683, lorsque le Bienheureux de Britto venait de prendre en main le gouvernement de cette Mission. Le P. Laynez et le futur martyr se connurent aussitôt, et s'aimèrent de cet amour tendre et fort qui est le privilège des Saints. Le Bienheureux montra bientôt le cas qu'il faisait du nouvel apôtre en lui confiant ses chrétiens de Couttour, lorsqu'il les quitta pour pénétrer dans le Marava (1686). C'était un héritage de tribulations que le P. Laynez recevait de son supérieur. Le pays était alors au pouvoir des Musulmans, persécuteurs des chrétiens. Pour ne pas découvrir ces