‹ Le MaduréChapitre 61 sur 172 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

Les Néophytes du Maduré.

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Témoignage des missionnaires. — Innocence et ferveur des chrétiens. — Miracles : résurrections; guérisons miraculeuses ; empire sur les démons. — Constance dans les persécutions et les tourments. — Le Martyr Tevasagaiam.

Qui crédit in t/ie, opéra quœ egofacio, et ipsefacief.

(Jo., xiv, 12.)

fjg^ggjglljpj l PRÈS le P. Beschi nous touchons aux I dernières années de l'Ancienne Mis- | sion du Maduré ; ce furent celles des t grandes épreuves. Nous aurons à rail? conter comment l'œuvre du P. de No-

bili, recevant le contre-coup des assauts livrés par l'enfer à l'Église de Jésus-Christ, fut mise à deux doigts de sa ruine. Mais nous détournerons quelque temps encore nos regards de cet affligeant spectacle. Nous avons vu passer devant nous les grandes figures des Nobili, des Britto, des Laynez, des Beschi, et de douze ou quinze autres missionnaires dont les noms ne sont pas indignes d'être associés à ces quatre grands noms. Nous aurions pu ajouter à ce nombre ; mais il fallait nous borner et laisser à Dieu même de louer dignement ses serviteurs dans l'assemblée des Saints. Il nous reste néanmoins une lacune à combler,

ou plutôt un tableau à compléter. Bien des traits semés ça et là dans les chapitres précédents ont dû faire concevoir au lecteur une haute idée des néophytes du P. de Nobili. Ceux que nous allons rapporter achèveront de montrer quels admirables fruits de vie la grâce fit éclore sur une terre qui, durant des siècles, n'avait produit que des fruits de mort. En d'autres termes, c'est l'éloge des néophytes que nous entreprenons après l'éloge de leurs Pères en Jésus-Christ ; et, puisque louer une œuvre c'est louer son auteur, l'éloge des chrétiens sera encore l'éloge de leurs missionnaires. Un autre motif nous fait un devoir d'insister sur cette matière. La Mission de Maduré garda toujours le caractère propre que le P. de Nobili lui avait imprimé, et qui en fit une mission tout à fait distincte des missions voisines de la côte du Malabar ou de la côte de la Pêcherie. Tandis que dans celles-ci, où les conditions étaient bien différentes, les missionnaires pouvaient, sans danger, suivre les coutumes européennes, les ouvriers du Maduré continuèrent à mener la vie pénitente des sanniassis indiens. A l'exemple du P. de Nobili, ils renonçaient à leurs inclinations naturelles, se dépouillaient de leurs habitudes nationales, se faisaient brames pour le salut des brames, Indiens pour le salut des Indiens. Or ce genre d'apostolat, admiré par un grand nombre, a eu aussi ses censeurs et ses critiques ('). Etant donné qu'on peut juger de la qualité d'un arbre par la qualité des fruits qu'il produit, si nous montrons que l'apostolat inauguré par le

i. La question présente n'a rien à voir avec celle des Rites dont nous parlerons en son lieu.

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