‹ Le MaduréChapitre 62 sur 172 · LES NÉOPHYTES DU MADURÉ · texte numérisé non relu

LES NÉOPHYTES DU MADURÉ

P. de Nobili et continué, durant près de deux siècles, par ses compagnons ou ses successeurs, a été manifestement béni de Dieu et a porté en abondance ces fruits que seule la grâce céleste peut faire naître, nous serons en droit de dire que le Ciel s'est prononcé en sa faveur.

I. Nous signalerons d'abord un fait général, attesté par la plupart des missionnaires : savoir l'admirable transformation qu'on remarquait dans ceux qui avaient reçu la grâce du baptême. Nous nous contenterons de deux témoignages.

Le premier est du P. Balthasar da Costa; il écrivait, en 1644, au P. Général Vincent Caraffe : «Quant à la conduite de nos chers néophytes, je puis vous assurer que non seulement vos chrétiens d'Europe, mais les religieux eux-mêmes, peuvent y trouver de quoi s'édifier et se confondre. Leur foi me ravit. Elle ennoblit à leurs yeux tout ce qui a rapport à la religion : l'eau bénite, les crucifix, les médailles, les chapelets, même ceux qu'ils se fabriquent en faisant des nœuds sur une simple ficelle. Tous ces objets, pourvu qu'ils aient été bénits, sont pour eux des objets de vénération, et Dieu prend plaisir à récompenser leur foi par des prodiges très fréquents. Ajoutez à cette foi vive une charité non moins admirable, une innocence qui fait à la fois la consolation et l'embarras du confesseur, une modestie qui est vraiment un prodige dans ce pays de dissolution, où le langage lui-même est souillé d'une infinité de termes obscènes, dont nos néophytes sont si éloignés de faire usage, qu'ils les appellent àes paroles païennes. Quoique toute leur vie puisse être regardée

Page 1