CHAPITRE IV
comme un jeûne perpétuel, leur esprit de pénitence trouve encore de quoi retrancher à leur pauvre ordinaire : ainsi presque tous jeûnent le samedi ; un très grand nombre y joignent le vendredi ; plusieurs y ajoutent encore le mercredi; et jeûner, pour eux, c'est ne faire par jour qu'un simple repas vers le coucher du soleil. »
L'autre témoignage est du P. Venance Bouchet.
« Ce qui console un missionnaire et le soutient dans ses travaux, c'est la vie innocente que mènent ces nouveaux fidèles et l'horreur extrême qu'ils ont du péché. La plupart n'apportent que des fautes légères au tribunal de la pénitence, et on entend quelquefois un grand nombre de confessions de suite sans avoir sur quoi appuyer l'absolution. Un missionnaire ne peut s'empêcher de verser des larmes de joie, quand il voit celles que la componction fait répandre à ces vertueux néophytes, et la docilité avec laquelle ils écoutent ses instructions. Ils sont fortement persuadés que la vie chrétienne doit être sainte, et un chrétien qui se livre au péché leur paraît un monstre.
« Lorsqu'ils ont connu et embrassé les vérités chrétiennes, ils deviennent inébranlables dans la foi. Il s'est trouvé de ces bons néophytes qui se scandalisaient qu'on leur demandât s'ils avaient eu des doutes sur quelque article de foi, jugeant qu'un homme converti ou élevé dans la Religion chrétienne, ne pouvait pas raisonnablement douter des vérités qu'elle propose. Aussi ne faut-il leur adresser de telles questions qu'avec de grandes précautions. »
Tel est le témoignage que les missionnaires rendent,