‹ Le MaduréChapitre 66 sur 172 · GUÉRISONS MIRACULEUSES · texte numérisé non relu

GUÉRISONS MIRACULEUSES

paisiblement, sans aucun signe de douleur et de maladie. »

Le P. Balthasar da Costa ajoute : « Le caractère simple et innocent du néophyte, la nature de sa maladie, le changement opéré en lui par suite de cet état extatique, sa mort si calme survenant comme il l'avait annoncée : toutes ces circonstances non seulement excluent la possibilité d'une supercherie, mais ne permettent pas de voir dans ce fait une léthargie naturelle. Il y a eu, selon moi, une intervention manifeste de la divine miséricorde en faveur de cette âme bienheureuse. Ce prodige a inspiré aux païens une très haute idée de notre sainte Religion, en même temps qu'il a rempli nos chrétiens de joie, de consolation et de confiance en Dieu. »

Des guérisons sans nombre furent opérées par la foi des néophytes. Voici deux ou trois faits.

Un chrétien, le seul néophyte qu'il y eut dans un village de païens, fut mordu par un serpent ; en peu d'instants la force du poison lui fit perdre connaissance. Revenu à lui, il se voit entouré de ses parents idolâtres et d'une troupe de magiciens qui veulent lui faire prendre leurs remèdes superstitieux. Il les repousse, proteste qu'il aime mieux mourir que de devoir la vie au démon, et s'enferme seul dans sa cabane. Ses parents, le regardant comme perdu, commencent, au dehors, les lamentations auxquelles les Indiens ont coutume de se livrer en pareille circonstance. Sur ces entrefaites, un chrétien, ami du néophyte, vient à passer, et, ayant appris la cause de ces pleurs, il s'approche, frappe à la porte et appelle le malade. La porte

s'ouvre; il trouve son ami en proie à d'atroces douleurs, l'exhorte à la confiance et l'invite à réciter avec lui le Credo. Cette prière à peine achevée, le malade se trouve parfaitement guéri, et les deux néophytes sortent de la cabane en glorifiant Dieu. Tel est le récit du P. Antoine de Proenza, qui nous a pareillement transmis les deux faits que nous allons raconter.

Un païen avait une fille de trois ans qui ne pouvait ni marcher, ni même se tenir debout. Pressé par les instances d'un néophyte, il consentit à assister aux instructions des catéchumènes, et à donner des noms chrétiens à ses enfants. Il fit choix, pour sa petite estropiée, de celui de Madeleine. A peine l'a-t-il appelée par ce nom que la pauvre enfant, qui gisait étendue sur une natte, se lève sans difficulté et court à son papa. Celui-ci, transporté de joie, la prend dans ses bras, la comble de ses caresses, s'écrie qu'il n'a pas besoin d'autres preuves pour reconnaître la vérité de la Religion chrétienne, et demande instamment le baptême.

L'autre fait eut lieu dans une des chrétientés qu'administrait le P. de Proenza. Ayant été appelé pour donner les derniers sacrements à une malade, il partit aussitôt; mais le village qu'elle habitait étant très éloigné, il ne put y arriver que le troisième jour. Cependant l'état de la malade avait empiré, et les chrétiens qui veillaient autour d'elle, se demandaient ce qu'ils pourraient faire pour suppléer à l'absence du prêtre. Il y avait en dépôt dans la chapelle une boîte des saintes Huiles ; mais le missionnaire avait bien recommandé de ne pas y toucher. Que faire ? Ils se trouvent

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