‹ Le MaduréChapitre 68 sur 172 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

que nous attribuons au démon ? Mais peut-on croire que ce soit par la force de l'imagination que les uns se voient transportés de leur village dans un lieu fort éloigné ; que d'autres se couchent le soir pleins de santé et se lèvent le lendemain le corps meurtri des coups qui leur ont fait pousser des cris affreux pendant la nuit ? » Le P. Bouchet conclut qu'il y a deux faits dont il est également impossible de douter : le premier, c'est que le démon a le pouvoir de tourmenter les païens ; le second, c'est que ce pouvoir cesse d'ordinaire aussitôt qu'ils ont fait quelque démarche qui les rapproche de la religion chrétienne.

Le témoignage des autres missionnaires touchant cette matière, est tout à fait à l'unisson de celui du P. Bouchet ; aussi avaient-ils coutume de dire que le démon était le meilleur catéchiste de la Mission, en ce sens qu'il forçait les païens, pour ainsi dire, à se convertir pour se délivrer de ses molestations.

Parmi les faits que rapporte le P. Bouchet, nous choisissons le suivant. Il y avait, dans une bourgade des environs d'Aour, un Indien dont le démon s'était saisi etqu'il accablaitde coups presque continuellement. Le pauvre possédé entrait alors dans des fureurs si violentes que les habitants du village s'enfermaient dans leurs maisons et n'osaient en sortir. Ils se décidèrent enfin à envoyer une députation au P. Bouchet pour le prier de venir à leur secours. Les députés trouvèrent le Père occupé à enseigner le catéchisme à un jeune enfant. Cet enfant n'eut pas plus tôt entendu les envoyés exposer le motif de leur visite, qu'il demanda au Père de lui permettre d'aller lui-même cher-

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