CHAPITRE I
maison de l'évêque vinrent à manquer, et les sièges durent rester vacants la moitié du temps, excepté toutefois le siège de Malacca qui ne vit jamais une tête mitrée.
D'ailleurs le Portugal n'était pas en état de remplir ses promesses. Son soleil ne tarda pas à s'éclipser, et l'éclipsé dure encore. Les Hollandais d'abord, les Anglais ensuite, lui ravirent la plus grande partie de ses colonies. Que pouvait faire Sa Majesté Très-Fidèle pour des églises ou des chrétientés qui étaient passées sous une autre puissance ?
L'histoire de l'Eglise montre qu'elle a eu presque toujours à regretter les faveurs accordées par elle aux princes temporels. Le cas du Portugal est loin de faire exception. En Chine, au Japon, surtout dans l'Inde, quand l'Église a voulu prendre des mesures qu'elle jugeait nécessaires pour la conversion des infidèles, le Portugal, se prévalant de son padroado, s'est mis à la traverse. Aujourd'hui encore, l'impuissance où il est de remplir ses obligations ne lui a rien fait rabattre de ses prétentions. Les privilèges qui lui furent concédés seraient chose sacrée ; les papes qui les octroyèrent auraient lié tous leurs successeurs ; ils peuvent y ajouter; ils ne peuvent rien retrancher; le résultat serait-il la perte éternelle de plusieurs millions d'âmes, l'Église devrait subir cette conséquence !
Il va sans dire que l'Église ne saurait admettre ces prétentions exorbitantes. Les mesures prises par le pape Grégoire XVI au sujet des chrétientés de l'Inde, en sont une preuve.
Déjà le Saint-Siège avait, sans le consentement du