‹ Le MaduréChapitre 88 sur 172 · DISPOSITIONS DU SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DU SAINT-SIÈGE

Portugal, envoyé aux Indes des vicaires apostoliques. Nous avons vu Mgr de Tabraca, et après lui Mgr d'Halicarnasse, administrer, sous ce titre, les chrétiens du Carnate. Le vicariat apostolique de Madras fut établi en 1832, celui du Bengale en 1834. En vertu du Bref Ex munere pastorali, daté du 23 décembre 1836, un autre vicariat apostolique fut érigé dans l'ile de Ceylan ; de plus, le Maïssour, le collectorat de Coïmbatour, les collectorats de Trichinopoly, de Tanjaour, de Maduré et de Tinnevelly, furent placés sous la juridiction du Vicaire Apostolique de Pondichéry.

Cette première mesure en appelait une autre. Les anciens sièges de Cranganore, de Cochin, de Maïlapour, que le Portugal avait laissés vacants depuis longtemps, étaient administrés par des gouverneurs ecclésiastiques dont la juridiction n'avait été restreinte par aucun bref du Saint-Siège. De là, entre les administrateurs et les vicaires apostoliques, des conflits continuels, qui paralysaient tous les efforts de ces derniers. Pour mettre un terme à cette situation, le pape Grégoire XVI publia, en 1838, la Bulle Milita prœclare qui,enconflrmant l'institution des vicaires apostoliques, déterminait les régions et les chrétientés soumises à leur autorité, et les plaçait eux-mêmes sous la juridiction immédiate du Saint-Siège.

Les prêtres Indo-Portugais, qui jusqu'alors relevaient, ou étaient censés relever, du patriarche de Goa, n'acceptèrent pas ces dispositions ; et le gouvernement portugais, et le patriarche lui-même les encouragèrent dans leur désobéissance aux décrets du Saint-Père. Des chrétiens , en grand nombre, soit parce qu'ils

n'entendaient rien aux questions de juridiction spirituelle, soit par attachement pour leurs églises, dont les prêtres récalcitrants restaient possesseurs , suivirent ceux-ci dans leur révolte. Il en résulta un schisme formel qui prit le nom de Schisme Goanais, parce que les révoltés affectaient de ne reconnaître d'autre autorité que celle de l'archevêque de Goa. Celui-ci étant venu à mourir, une sorte de concordat eut lieu entre Rome et le Portugal. Un nouvel archevêque fut nommé, qui jura d'observer les décrets du pape ; mais à peine arrivé dans son archidiocèse, il trahit tous ses serments. « D'un seul coup, dit le cardinal Jacobini dans son mémorandum à l'ambassadeur de Portugal, il ordonna environ 600 prêtres qui n'avaient ni l'instruction, ni les qualités requises par les saints canons, et les lança, comme un essaim, sur la mission de l'Inde, où ils commirent toutes sortes d'excès et causèrent des troubles et des scandales sans nombre. Il alla jusqu'à déclarer les vicaires apostoliques excommuniés. »

Le schisme Goanais, tel fut le premier obstacle qui se dressa contre les pionniers de la Nouvelle Mission du Maduré. Contre cet obstacle ils auront à lutter, eux et leurs successeurs, durant un quart de siècle.

II. Les Pères Louis Garnier, Alexandre Martin, Louis du Ranquet, conduits par leur Supérieur, le P. Joseph Bertrand, débarquèrent à Pondichéry, le 24 octobre 1837, et furent accueillis comme des envoyés du Ciel par Mgr Bonnand et ses dignes coopérateurs. Après quatre mois employés à l'étude du tamoul, le 27 février 1838, ils se dirigèrent vers Karikal, ou ils s'arrêtèrent dix-sept jours. Se parta-

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