‹ Le MaduréChapitre 90 sur 172 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

A Trichinopoly, le P. Bertrand et le P. Garnier furent reçus en triomphe par la majorité des catholiques ; mais cette ville ne fut pour eux qu'une étape. Ils y célébrèrent la fête de saint Joseph et partirent aussitôt pour Maduré. Là une première humiliation les attendait. Cédant aux invitations pressantes des chrétiens, ils avaient pris possession de l'église en l'absence du prêtre goanais. En vain ils offrirent à celui-ci de faire alliance avec lui, s'il consentait à reconnaître la juridiction du Vicaire Apostolique ; le goanais se déclara lésé dans ses droits et cita les Pères devant le premier magistrat de Maduré, qui se prononça en sa faveur. « Nous fûmes, dit le P. Bertrand, ignominieusement expulsés de l'église et du presbytère par les agents de la police, et conduits, au milieu des huées de la foule, à travers les rues de Maduré, jusqu'au bangalaw que nous avions choisi pour notre retraite. » Cette mésaventure leur fit comprendre qu'ils devaient user de prudence, étudier le terrain, faire leurs préparatifs et concerter leurs plans avant d'engager la lutte. Calladittidel, village au centre du Marava, leur offrait une retraite propice ; ils y passèrent quelques jours ensemble. Le P. Bertrand se mit ensuite à parcourir la contrée ; le P. Garnier s'établit pendant deux mois dans le village chrétien de Sousseiperpatnam (ville de saint Joseph),

Ce fut une sorte de trêve, durant laquelle les Pères eurent le loisir d'étudier la condition, au point de vue religieux, de ces chrétiens qui, à Trichinopoly, à Maduré et dans les villages du Marava, les avaient reçus en triomphe. Cette condition était loin d'être

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