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ÉTAT DES CHRÉTIENTÉS

brillante, et nos Pères se convainquirent bientôt que, de ce côté encore, surgiraient des difficultés dont se compliquerait nécessairement la lutte qu'ils allaient engager avec le schisme.

Déjà, après avoir vu les chrétiens de Trichinopoly, le P. Bertrand écrivait : « Depuis dix ans pas un homme ne se confesse. On n'entend ni sermon, ni instruction, ni catéchisme. Ajoutez à cela des dissensions parmi les fidèles, des familles entières qui apostasient. A Pratacoudy, non loin de Trichinopoly, 300 chrétiens viennent de se donner aux protestants, en promettant toutefois de revenir à nous dès que nous nous établirons chez eux. »

Le P. Garnier écrivait de la même vilie, le 15 novembre 1838 :« Il faut être sur les lieux pour juger du mal que la suppression de la Compagnie de Jésus a produit dans ces pays infortunés. Le caractère de missionnaire n'est plus, comme autrefois, un titre vénéré. Nous ne pouvons nous dissimuler que certains prêtres, parmi nos prédécesseurs, ont rendu la Religion un objet de mépris, et ont tari la source des grâces dans cette Mission qui présentait tant d'espérances. »

En perdant leur respect pour le missionnaire, les chrétiens avaient perdu leur docilité. « Il y a peu d'endroits dans la Mission, disait un autre Père, quelques années plus tard, qui ne soient de temps en temps agités par les sourdes menées d'un certain nombre de chrétiens indociles et turbulents, qui refusent de se soumettre à ce que le Père leur prescrit, ou exigent de lui ce que sa conscience lui défend d'accorder. Et là-dessus ils disent ; il faut chasser ce Souami qui ne

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