CHAPITRE I
veut pas nous laisser vivre comme il nous plaît ; qui ne nous permet pas de travailler le dimanche, de nourrir une inimitié, d'entretenir un mauvais commerce ; qui ne veut pas marier nos enfants s'ils n'ont pas l'âge ; qui veut nous priver du salaire que nous gagnons en faisant de la musique aux fêtes païennes, etc. »
Les missionnaires du sud ne rendaient pas un meilleur témoignage de leurs chrétiens : « Les plus grands désordres sont devenus communs dans les villes comme dans les campagnes. Beaucoup de vieillards ne savent pas même faire le signe de la croix. L'ivrognerie a gagné toutes les classes et tous le's rangs ; les femmes elles-mêmes s'abandonnent à ce vice ignoble. La sainteté du mariage est oubliée ; le concubinage est si fréquent qu'il a perdu toute sa honte. Le dimanche n'est plus distingué des autres jours. En maintes localités les diableries, les sortilèges se pratiquent publiquement. Les revenus des églises, leurs richesses, jusqu'aux ornements et aux vases sacrés, sont la proie de quelques intrigants. »
Un abus plus criant encore s'était introduit dans quelques chrétientés. Certains personnages s'étaient arrogé sur l'exercice du culte divin de prétendus droits aussi étranges que criminels. Le prêtre ne pouvait bénir un mariage, donner un baptême, présider à des funérailles, ni même admettre aux sacrements ou les refuser, sans leur autorisation.
Tel est, en abrégé, le portrait que les premiers ouvriers du nouveau Maduré traçaient des chrétiens qu'ils trouvèrent dans cette Mission. Sans doute les traits de cette peinture ne s'appliquaient pas également à