ATTITUDE DES MAGISTRATS
tous ; il y avait même d'heureuses exceptions. Mais il n'en est pas moins vrai qu'en général, les populations chrétiennes, par suite de l'abandonnement où elles avaient été laissées, ou de la connivence de pasteurs indignes, gémissaient dans l'ignorance de la Religion, avaient perdu l'esprit de respect et de soumission, et toléraient dans leur sein les abus et les scandales les plus révoltants. Or, ce triste état des chrétientés compliquait singulièrement la tâche des missionnaires qui devaient engager la lutte avec le schisme. A ces chrétiens qui venaient à eux,. ils devaient avant tout demander l'obéissance aux lois de l'Église, la réforme des abus, la cessation des scandales. Mais comment leur imposer ces obligations sans les jeter dans les bras des prêtres schismatiques, pour qui la loi de Dieu et de l'Église était comme non avenue ? Et s'il était si difficile de conserver les fidèles disposés à se soumettre aux envoyés du Saint- Père, combien plus difficile encore d'arracher aux schismatiques ceux qui s'étaient rangés de leur parti afin de pouvoir vivre plus librement !
Si encore ils avaient trouvé un appui dans l'autorité publique. Mais les magistrats anglais, malgré leur désir de garder une neutralité parfaite, allaient adopter un principe qui était tout à l'avantage des révoltés. D'après eux, celui-là était le légitime possesseur d'une église ou d'un presbytère, qui en était le premier occupant. Il ne servirait de rien de dire : « Mais ce sont des rebelles ; nous sommes, nous, députés par le chef de l'Église catholique, voyez nos diplômes. » C'étaient là des mots incompris : les offi-