‹ Le MaduréChapitre 96 sur 172 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et le P. du Ranquet soutiennent le bon combat. Le premier, que les chrétiens appelaient Periasonami, comme qui dirait grand seigneur, avait fait de Tuticorin son chef-lieu, d'où il parcourait les villages de la côte ; le second, désigné sous le nom de Sinnasouami, ou petit seigneur, donnait ses soins aux fidèles dispersés dans l'intérieur des terres. En même temps qu'ils exhortaient les catholiques à recevoir avec soumission les ordres du Saint-Siège, ils travaillaient de tout leur pouvoir à déraciner les abus et les vices de toute sorte que le manque de pasteurs, ou une coupable indolence avaient laissé s'introduire dans les chrétientés.

Les débuts de leur ministère avaient été couronnés de succès, au moins en apparence. Plusieurs prêtres schismatiques avaient paru se soumettre ; d'autres avaient quitté le pays, et bien des abus avaient été réprimés. Mais le démon ne se tint pas pour battu ; un homme se rencontra qui ne fit que trop bien les

affaires du schisme.

Il existe à Tuticorin un fantôme de roi, dont les

Anglais n'ont jamais reconnu les prétentions à la souveraineté, mais qui n'en exerce pas moins une grande influence sur la caste des Paravers. Celui qui portait ce titre, à l'époque dont nous parlons, avait conquis sur les siens une autorité absolue, et il en usait en vrai despote. Une de ses prétentions était de réglementer les choses de l'église et, avant tout, d'en percevoir les revenus, de statuer sur leur emploi, son premier soin étant de s'en attribuer une large part. Le P. Martin fut révolté d'un tel abus ; il l'attaqua avec sa vigueur accoutumée. Le roitelet vit dans ce

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